La ruée vers l’or en Anjou : le filon qui fait débat
La ruée vers l’or en Anjou : le filon qui fait débat

Un magnat anglo-canadien, connu pour avoir découvert l’une des plus grandes mines d’or au monde, lorgne désormais sur le sous-sol du Maine-et-Loire. À travers une start-up bretonne, Breizh Ressources, il convoite discrètement les entrailles d’une dizaine de communes rurales. Officiellement, il ne s’agit que de « recherches ». Mais la perspective de voir surgir une mine divise déjà.

Derrière la façade bretonne, un géant canadien

Le projet est porté par une société récemment fondée à Lorient. Pourtant, l’odeur de la roche ne masque pas longtemps le parfum du capital : Breizh Ressources appartient à 100 % à Aurania Resources, une entreprise canadienne enregistrée aux Bermudes et dirigée par Keith Barron, le Britannico-Canadien à l’origine d’un gisement d’or colossal en Équateur. Une pointure de l’exploration minière donc, qui, après l’Amérique du Sud, tente sa chance dans les bocages de l’Ouest. Dans le viseur : l’antimoine, le cobalt, l’argent, les terres rares… et bien sûr, l’or. Autant de métaux stratégiques pour les batteries, l’électronique ou encore la transition énergétique. Sur son site, la société assure vouloir « soutenir l’industrie française en quête d’indépendance en métaux ». Reste que l’enjeu local est tout autre : faut-il autoriser ou non les premiers relevés dans ces communes, au risque d’ouvrir la voie à des activités minières plus lourdes ?

Une exploration « propre », vraiment ?

Jusqu’au 18 juin, une consultation publique permet aux habitants concernés de donner leur avis sur la demande de permis. La société tente de rassurer : pas d’exploitation prévue, juste de la prospection. Et de rappeler que seuls 1 à 5 % des projets de ce type aboutissent à l’ouverture effective d’une mine. L’impact environnemental, promet-elle, serait « quasi nul », les levés géologiques se limitant à des méthodes non intrusives, dans le respect des propriétés privées et des zones sensibles. Mais la méfiance reste palpable. Car si le projet avance, il faudra entamer de nouvelles procédures administratives, avec études d’impact et enquêtes publiques. En clair, la porte n’est pas fermée. Et la fièvre de l’or, même en version « soft », commence à troubler le calme des campagnes angevines.

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