La Chambre de commerce et d'industrie algéro-française redoute les conséquences de l’escalade entre les deux pays
‘industrie algéro-française redoute les conséquences de l’escalade entre les deux pays

La Chambre de commerce et d’industrie algéro-française a exprimé ses «  regrets face à l’escalade  » des tensions entre Paris et Alger, craignant qu’elle ne menace à terme environ cinq milliards d’euros d’exportations françaises vers l’Algérie.

Michel Bisac, président de la Chambre, a indiqué dans un communiqué que «  la tension est de nouveau montée entre les deux capitales, alors que le dialogue constructif venait à peine de reprendre entre les présidents Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron  ».

Il a ajouté  : «  Nous condamnons fermement cette escalade née d’une question politique.  »

La Chambre appelle ainsi «  tous les acteurs économiques – entreprises françaises, entreprises algériennes et sociétés de la diaspora – à s’inscrire dans la dynamique engagée par les deux présidents, afin de préserver les relations économiques et de les protéger des conséquences  » de ces déclarations tendues.

Et de prévenir  : «  Si l’Algérie est réellement en colère, nous perdrons immédiatement cinq milliards d’euros d’exportations françaises.  » « En avons-nous les moyens ? »

Dans ce contexte, la Chambre de commerce et d’industrie algéro-française a encouragé dans son communiqué «  les entreprises affectées par cette détérioration du climat des affaires, qui travaillent depuis la France avec des partenaires algériens, à contacter les autorités compétentes pour faire part de leur volonté de pérenniser leurs partenariats, lesquels contribuent également au maintien de l’emploi stable en France  ».

Dans le même esprit, le Conseil du renouveau économique algérien (CREA), une organisation majeure du patronat algérien, a annulé une réunion prévue mardi en France avec ses homologues du Medef (le syndicat patronal français).

Le Conseil a justifié sa décision par le refus des autorités françaises de permettre à «  un directeur d’une société française de transport maritime de se rendre en Algérie pour mener à bien un projet d’investissement  ».

Michel Bisac a précisé qu’il s’agissait de Rodolphe Saadé, président du groupe de transport maritime CMA CGM, qui devait rencontrer le président Tebboune pour discuter d’investissements importants dans les ports algériens.

CMA CGM n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP à ce sujet.

En 2024, les échanges commerciaux entre la France et l’Algérie ont atteint 11,1 milliards d’euros, selon la Direction générale du Trésor, dont 4,8 milliards d’euros d’exportations françaises vers l’Algérie et 6,3 milliards d’euros d’importations, composées principalement d’hydrocarbures.

Dimanche, l’Algérie a déclaré douze employés de l’ambassade de France persona non grata, en réponse à l’arrestation et à la détention ultérieure d’un agent consulaire algérien en France.

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