Des élus républicains ont accusé Intel d’avoir mis en danger la sécurité nationale des États-Unis après la révélation de tests menés par le géant des semi-conducteurs sur des équipements de fabrication présentant des liens étroits avec la Chine. Ces accusations ont émergé à la suite d’informations indiquant qu’Intel évaluait des outils fournis par une entreprise associée à des entités sanctionnées par le gouvernement américain.
Les équipements en question ont été fournis par ACM Research, un fabricant d’outils de production de puces basé en Californie. Intel aurait procédé à ces tests dans le cadre d’une éventuelle intégration de ces technologies dans son processus de fabrication le plus avancé, connu sous le nom de 14A, destiné à produire des semi-conducteurs de nouvelle génération.
Cette affaire intervient dans un contexte déjà tendu pour Intel, dont le directeur général avait été contraint de démissionner en août dernier par le président Donald Trump en raison de soupçons portant sur des liens jugés problématiques avec la Chine. Les critiques actuelles ravivent les inquiétudes au sein du camp républicain concernant un possible transfert de technologies sensibles vers Pékin.
Deux filiales d’ACM figuraient l’an dernier parmi les entreprises interdites d’accès à la technologie américaine. Elles avaient été accusées d’avoir soutenu les efforts du gouvernement chinois pour détourner des technologies commerciales à des fins militaires et pour développer des puces ou des équipements de fabrication de pointe. ACM conteste ces accusations.
Malgré la controverse, le marché a réagi positivement à ces révélations du côté d’ACM : l’action de sa filiale basée à Shanghai a progressé de 8 % le jour de la publication des informations. L’affaire alimente toutefois un débat plus large à Washington sur la sécurité de la chaîne d’approvisionnement des semi-conducteurs et sur les relations entre les entreprises technologiques américaines et la Chine.