Le siège social de GiFi, situé à Villeneuve-sur-Lot dans le Lot-et-Garonne, échappe provisoirement à la vague de suppressions d’emplois annoncée au printemps. La direction de l’enseigne a décidé d’interrompre le plan social visant 166 postes sur les 730 que compte le siège, dans l’attente de l’arrivée du nouveau président du directoire, Christophe Mistou, prévue pour le 1er septembre. Ce gel temporaire du processus, validé en accord avec la CFDT, syndicat majoritaire, a pour objectif de laisser au futur dirigeant la possibilité d’évaluer la situation et de définir une nouvelle organisation interne conforme à sa stratégie. En revanche, la procédure engagée pour la fermeture de onze magasins, qui doit entraîner la suppression de 116 postes, suit toujours son cours. Initialement, le groupe prévoyait de supprimer 302 postes au total, soit une réduction de 5 % de ses effectifs en France. L’annonce, faite début avril, répondait à une volonté de redressement après deux exercices déficitaires, une première depuis la création de l’entreprise en 1981.
Une restructuration partielle en réponse à deux années de pertes
GiFi a notamment souffert d’un changement de système informatique raté en 2023, ainsi que de la concurrence croissante d’enseignes comme Action ou Maxibazar, mais aussi de plateformes en ligne comme Temu. Pour faire face à ses difficultés, le groupe a obtenu un plan de soutien bancaire début 2024, assorti d’un rééchelonnement de sa dette et d’un renouvellement de sa gouvernance, impliquant le retrait de son fondateur, Philippe Ginestet. Plusieurs dirigeants se sont succédé depuis, et c’est désormais à Christophe Mistou, transfuge de Mr. Bricolage, qu’il reviendra de piloter le redressement. Selon la direction actuelle, le plan de réorganisation défini en avril par l’ancienne gouvernance ne permettait pas d’opérer la transformation stratégique attendue. Si de nouveaux ajustements s’avéraient nécessaires à l’arrivée du nouveau président, la direction envisage d’ouvrir des négociations en s’appuyant sur un dialogue social rénové. La suspension du plan concernant le siège est donc à ce stade provisoire. La date butoir des discussions sur les modalités du plan de sauvegarde de l’emploi avait été fixée à la fin de cette semaine. Elle est désormais repoussée à la rentrée.