Euroapi, filiale de Sanofi, sous perfusion : l’État y injecte 140 millions d’euros
Euroapi, filiale de Sanofi, sous perfusion : l’État y injecte 140 millions d’euros

L’ex-filiale de Sanofi n’est pas encore sortie d’affaire, mais elle respire un peu mieux. En difficulté chronique depuis sa séparation avec le géant pharmaceutique en 2020, Euroapi vient de conclure un accord avec l’État français pour obtenir une aide publique pouvant atteindre 140 millions d’euros. Cette bouffée d’oxygène vise à soutenir le plan de redressement de l’entreprise, tout en accompagnant un projet stratégique jugé d’intérêt européen commun dans l’industrie pharmaceutique. L’annonce, officialisée mardi 29 juillet, intervient alors que le groupe a publié des résultats en amélioration sur le premier semestre 2025. La perte nette s’établit à 28,5 millions d’euros, contre 34,8 millions un an plus tôt. Un recul moins spectaculaire que nécessaire, mais qui montre une amorce de stabilisation. Son chiffre d’affaires, en revanche, chute de 8,2 %, principalement à cause d’une baisse des commandes de Sanofi, désormais simple client.

Cessions, restructuration et espoir de rebond

Le plan de survie engagé en 2024 commence à produire ses effets. Euroapi, qui compte désormais 3 270 salariés, a cédé en juin son usine britannique de Haverhill à Particle Dynamics, une opération qui a généré une plus-value de 4,7 millions d’euros. L’arrêt de l’activité sur le site italien de Brindisi, acté en 2024, marque un autre tournant de cette stratégie de recentrage. En parallèle, la direction prévoit toujours une remontée de la rentabilité opérationnelle, avec un objectif de marge brute comprise entre 7 et 9 %, visant le haut de cette fourchette. L’accord signé avec le gouvernement ne se limite pas à une simple injection d’argent public. Il s’inscrit dans une volonté politique de relocalisation industrielle en matière de principes actifs, domaine dans lequel Euroapi représente l’un des derniers bastions français. Pour les ministres de la Santé et de l’Industrie, présents début janvier sur le site de Vertolaye (Puy-de-Dôme), ce soutien est autant économique que stratégique. La trajectoire reste fragile. Euroapi a revu à la baisse ses prévisions annuelles, évoquant désormais une « baisse modérée » de son chiffre d’affaires au lieu de la stabilité initialement espérée. Mais avec ce nouveau coup de pouce étatique, le groupe espère tenir le cap d’ici 2028, échéance fixée pour son redressement complet. En attendant, c’est la puissance publique qui joue les urgentistes.

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