Face à l’instauration de nouveaux droits de douane américains sur les composants automobiles venus du Mexique, des géants comme Novares ou Valeo n’ont pas traîné : le surcoût est répercuté sans détour sur leurs clients. Chez Novares, l’équation est simple : pas de paiement anticipé des frais ? Pas de livraison. Avec cinq usines au Mexique et des pièces désormais soumises à une taxe de 25 % à leur entrée aux États-Unis, le groupe applique une politique de « cash first », comme le confirme son PDG Pierre Boulet. Valeo adopte une ligne similaire : la moitié de ses clients ont déjà accepté l’ajustement tarifaire. Les équipementiers sont unanimes : « On a quelque chose de plus à payer, on monte le prix d’autant ».
Un climat commercial incertain
Si certaines pièces restent encore exonérées via l’accord USMCA de 2020, ce sursis pourrait prendre fin dès le 3 mai. Chez Michelin, on attend encore des clarifications, notamment sur le statut exact des pneumatiques : pièces détachées ou produits finis ? Quoi qu’il en soit, tous les équipementiers révisent en urgence leurs grilles tarifaires pour ajuster leur facturation. Dans ce bras de fer économique, c’est désormais aux constructeurs et distributeurs de faire face… ou d’absorber les coûts à leur tour.