Carrefour et Super U s’allient à huit distributeurs allemands pour renforcer leur pouvoir de négociation
Carrefour et Super U s’allient à huit distributeurs allemands pour renforcer leur pouvoir de négociation

À quelques mois de l’ouverture des négociations commerciales 2026, Carrefour et Coopérative U musclent leur stratégie. Mercredi 13 août, les deux enseignes françaises ont annoncé que huit distributeurs allemands rejoignaient leur alliance européenne Concordis, créée en juillet pour six ans. Ce partenariat vise à négocier, depuis Bruxelles, les tarifs d’une quarantaine de grands fournisseurs industriels en mutualisant les volumes d’achat. Les nouveaux venus, regroupés au sein de la centrale RTG International, pèsent à eux seuls 31 milliards d’euros de chiffre d’affaires et comptent 570 hypermarchés, 770 supermarchés et plus de 2 200 drugstores.

Un poids cumulé de plus de 125 milliards d’euros

Avec RTG, Concordis affiche désormais un chiffre d’affaires cumulé dépassant 125 milliards d’euros, sous réserve de l’aval des autorités françaises et allemandes de la concurrence. Cette alliance s’inscrit dans un paysage où les regroupements transnationaux se multiplient : Eurelec (E. Leclerc, Rewe, Ahold Delhaize) basée à Bruxelles, ou encore Everest (Intermarché, Auchan, Casino avec Edeka, Jumbo et Picnic) installée à Amsterdam. Les pouvoirs publics français observent de près ces structures offshore, soupçonnées de contourner la loi EGalim qui encadre les négociations pour protéger les producteurs et impose une date butoir au 1er mars.

Un risque de contournement pointé par le monde agricole

Malgré les sanctions ponctuelles, l’examen exhaustif des contrats reste difficile faute de moyens, alimentant un sentiment d’impunité. En février 2024, face à la colère agricole, Emmanuel Macron avait appelé à un « EGalim européen » pour éviter que ces centrales européennes ne sapent l’esprit des règles françaises. Un rapport sénatorial publié fin 2024 estimait que jusqu’à 50 % des volumes vendus en grande distribution en France pourraient être négociés à l’étranger, créant un déséquilibre concurrentiel pour les enseignes restées hors de ces alliances. Dans ce contexte, Concordis illustre à la fois la course au pouvoir d’achat face aux fournisseurs et les tensions persistantes autour des pratiques de la grande distribution.

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