Ils découvrent un compte vide là où aurait dû figurer leur salaire. Depuis le 27 juin, des milliers de clients de la banque LCL vivent un cauchemar bancaire. En cause, un dysfonctionnement informatique qui a semé le chaos dans la gestion des virements : certains clients ont perçu leur paie deux fois, d’autres n’ont rien reçu du tout. Et pour ceux-là, les jours passent sans explication, sans excuse, sans un mot.
Des virements fantômes et des factures bien réelles
L’alerte ne vient pas de la banque, mais d’une conversation anodine entre collègues. Un responsable juridique, client fidèle depuis quarante ans, s’étonne de ne toujours pas avoir touché sa paie alors que celle-ci a bien été débitée de l’entreprise une semaine plus tôt. En comparant avec ses collègues, il comprend que le problème est plus large. Bien plus large. La panne affecte près de 30 000 personnes, selon les estimations. Et si la banque affirme travailler à la résolution du problème, c’est surtout le silence radio qui ulcère les clients. Aucune information, aucune transparence. « Cela peut arriver, il n’y a pas de souci, mais là, il y a zéro communication, c’est inadmissible » (déplore ce client de longue date). Une absence de réactivité qui, pour beaucoup, aggrave l’impression d’abandon.
Silence dans les agences, panique chez les clients
Sur les réseaux sociaux comme au téléphone, c’est le mur du silence. Impossible de joindre un conseiller, ou alors pour entendre des réponses vagues. Pendant ce temps, certains comptes passent dans le rouge. Une cliente témoigne de son découvert de 150 euros, à la veille du prélèvement de son loyer. Obligée de télétravailler, elle ne peut même plus recharger son pass Navigo. La direction de LCL assure avoir transmis des consignes pour éviter de prélever des agios et protéger les clients touchés. Une mesure d’urgence qui ne suffit pas à rassurer ceux qui ont vu leur quotidien basculer. Plusieurs envisagent déjà de clôturer leurs comptes, une fois les virements rétablis. Chez LCL, on tente de calmer l’incendie, mais l’absence de communication risque de laisser des traces durables. Quand la confiance est rompue, un simple virement ne suffit pas toujours à la réparer.