Un affrontement frontal entre direction et syndicats
Un affrontement frontal entre direction et syndicats

C’est un feu vert capital que le tribunal de commerce de Paris a accordé ce lundi à Patrick Drahi. L’instance a validé le plan de sauvegarde accélérée d’Altice France, permettant une réduction de dette de 9 milliards d’euros sur les 24 que cumulait encore récemment la maison mère de SFR. Un soulagement affiché en interne, mais un passage en force dénoncé par les syndicats, qui entendent faire appel. Le plan, soutenu par les créanciers à qui Drahi a cédé 45 % du capital, avait été négocié en amont, mais butait sur l’opposition ferme des syndicats majoritaires chez SFR, notamment l’Unsa et la CFDT. Ces derniers dénoncent une opération conçue au seul bénéfice de l’actionnaire, sans avantage concret pour l’opérateur au logo rouge. La dette propre de SFR, estimée à 4 milliards, ne sera pas allégée. Aucun nouvel investissement, aucune ligne de crédit supplémentaire, aucun filet de sécurité pour les salariés. Le spectre d’une vente à la découpe du groupe continue d’alimenter leurs craintes.

Un affrontement frontal entre direction et syndicats

Le parquet lui-même s’était aligné, à la surprise générale, sur la position syndicale lors de l’audience du 22 juillet, réclamant l’exclusion de SFR SA, SFR Fibre et Completel du périmètre de la restructuration. Une recommandation que le tribunal n’a finalement pas suivie. La CFDT a déjà annoncé qu’elle fera appel, procédure non suspensive, contrairement à celle du parquet, toujours en balance. Dans un courrier interne, la direction d’Altice se félicite d’un « accomplissement collectif » et évoque une économie de 400 millions d’euros par an en frais financiers, ainsi qu’un rééchelonnement des échéances entre 2028 et 2033. Elle ne cache pas son irritation face aux critiques syndicales, dénonçant des « tracts proches de la calomnie » et des « fake news accumulées ». Elle insiste : la restructuration est « exclusivement financière » et sans impact sur l’activité ni sur l’emploi. Mais les syndicats n’y croient pas. Avec les rumeurs persistantes de revente du groupe, l’appel déposé apparaît comme une tentative de reprendre la main avant d’éventuelles annonces plus brutales. Car derrière la dette, c’est une décennie d’austérité managériale signée Drahi qui remonte à la surface. Et un secteur des télécoms français qui s’apprête peut-être à se redessiner sous la pression de cette cure de désendettement.

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