Air Antilles liquidée, les vols stoppés net et une page se tourne aux Antilles
Air Antilles liquidée, les vols stoppés net et une page se tourne aux Antilles

Coup de marteau au tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre. Lundi 27 avril, Air Antilles a été placée en liquidation judiciaire, avec un ordre clair, cesser immédiatement toute activité. Pour les passagers comme pour les salariés, la nouvelle a le goût d’un arrêt sur image, brutal mais attendu depuis des mois.

Car la compagnie était déjà clouée au sol, interdite de vol depuis décembre 2025 par la Direction générale de l’aviation civile pour des manquements liés à la sécurité. En février, le redressement judiciaire avait laissé entrouverte une porte, celle d’une reprise ou d’un financement, histoire de remettre des avions sur les lignes régionales entre Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Cette porte vient de se refermer.

Sur la table, une offre de reprise existait, avec un maintien de 14 emplois sur 116. Le tribunal a reconnu « un projet industriel structuré », tout en constatant des « obstacles financiers et légaux insurmontables ». Et il a aussi refusé l’idée d’une cession « à la découpe » qui aurait évacué le volet social, signe que la juridiction n’a pas voulu troquer des avions contre des licenciements silencieux.

Fin de piste pour une compagnie née en 2002

Pour les salariés, l’incertitude a duré, usé, abîmé. Une représentante du personnel, Séverine Louisor Malborougt, a parlé d’un « grand soulagement », une formule qui dit beaucoup sur l’ambiance de ces derniers mois, quand on ne sait plus si l’on doit préparer un retour en piste ou ranger son badge. La liquidation, au moins, met fin au suspense, même si elle ne règle rien pour les familles concernées.

Reste l’onde de choc économique, très concrète, sur un archipel où l’avion n’est pas un luxe mais un outil de continuité territoriale. Air Antilles assurait des liaisons régionales qui irriguaient la vie quotidienne, les déplacements professionnels, la santé, le tourisme. Quand une compagnie disparaît, ce sont des horaires qui se vident, des correspondances qui sautent et des prix qui risquent de grimper.

Avec l’arrêt d’Air Antilles, Air Caraïbes, du groupe Dubreuil, se retrouve seule à relier entre eux les territoires français des Antilles. Un monopole de fait, même si le marché reste étroit, pose toujours la même question en filigrane, celle de la concurrence, de la résilience et du sérieux des conditions d’exploitation. La fin d’Air Antilles referme un chapitre, elle ouvre aussi une attente, qui reprendra le relais pour éviter que le ciel inter-îles ne devienne un couloir à sens unique.

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