Air Antilles au bord du décrochage financier après deux ans de crise continue
Air Antilles au bord du décrochage financier après deux ans de crise continue

La compagnie régionale Air Antilles a officiellement déclaré son incapacité à honorer ses engagements financiers. Dans un courrier adressé aux salariés le 16 janvier, le président de son conseil d’administration, Louis Mussington, a annoncé le dépôt d’une déclaration de cessation de paiements auprès du tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre, actant une situation devenue, selon lui, « intenable ». Privée de vols, donc de recettes, et sans perspective immédiate de nouveaux investisseurs, l’entreprise entre dans une phase judiciaire décisive.

Créée pour relancer une offre aérienne inter-îles après la liquidation du groupe CAIRE à l’été 2023, Air Antilles n’est jamais parvenue à stabiliser son activité. Le démarrage tardif, marqué par l’obtention du certificat de transporteur aérien plusieurs mois après la reprise, a pesé lourdement sur les finances, avec des charges fixes élevées en l’absence de recettes. À cela se sont ajoutés des soutiens publics répétés de la collectivité de Saint-Martin et des tensions politiques autour d’un projet jugé risqué par une partie des élus.

Une succession de blocages techniques et administratifs

Les difficultés se sont accentuées avec des problèmes techniques et réglementaires à répétition. À partir de 2025, la compagnie n’opérait plus que sous licences temporaires, renouvelées à court terme. En décembre, un audit de la Direction de la sécurité de l’aviation civile a conduit à la suspension du certificat de transporteur, puis de la licence d’exploitation, clouant au sol toute la flotte en pleine haute saison touristique. Faute d’avoir corrigé les non-conformités relevées, Air Antilles n’a jamais repris ses vols.

Dans son message aux équipes, Louis Mussington salue l’engagement des salariés et assure vouloir accompagner la procédure « avec responsabilité et humanité ». L’avenir de la compagnie dépend désormais des décisions du tribunal, qui devra trancher entre une éventuelle tentative de redressement ou une issue plus radicale, tandis que les employés restent dans l’attente de solutions pour préserver leurs droits et leur avenir professionnel.

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