La Chine a vivement réagi mercredi aux propos du président taïwanais Lai Ching-te, allant jusqu’à l’accuser de se « prostituer politiquement » après une interview dans laquelle il a loué Donald Trump et évoqué la possibilité que l’ancien président américain reçoive le prix Nobel de la paix s’il parvenait à dissuader Pékin d’utiliser la force contre Taïwan.
Dans un communiqué au ton inhabituellement virulent, le Bureau des affaires taïwanaises de Pékin a dénoncé les déclarations de Lai comme étant celles d’un « politicien opportuniste prêt à tout pour flatter les puissances étrangères ». Selon les autorités chinoises, le président taïwanais « trahit les intérêts nationaux chinois » et cherche à « semer la confrontation » dans le détroit de Taïwan.
Cette sortie intervient à la veille du discours de Lai prévu pour la fête nationale taïwanaise, un événement politique majeur où il doit réaffirmer la position de l’île face aux pressions militaires et diplomatiques de Pékin.
Le gouvernement taïwanais a rejeté ces critiques, réaffirmant que Taïwan est un État souverain et que ses dirigeants sont libres de « dialoguer avec tous les partenaires internationaux ».
Les tensions entre Pékin et Taipei se sont encore accrues ces dernières semaines, alors que la Chine a intensifié ses patrouilles militaires autour de l’île. Pékin considère toujours Taïwan comme une province chinoise destinée à être réunifiée, si nécessaire par la force, tandis que le président Lai a promis de préserver la démocratie et la liberté de l’île face à toute intimidation.