Trenitalia n’ouvrira pas de nouvelles lignes l’an prochain, mais elle ne lève pas le pied. La compagnie italienne, qui relie Paris à Milan, Lyon et Marseille depuis quatre ans, va consacrer 2026 à un unique objectif : mieux remplir ses trains. Malgré un trafic doublé en un an, les rames rouges restent déficitaires et peinent encore à rivaliser avec les taux de remplissage quasi record de la SNCF.
Miser sur la fidélité plutôt que sur l’expansion
Avec 1,8 million de voyageurs transportés en 2025, soit deux fois plus qu’en 2024, la progression est spectaculaire. Les trois lignes ont généré 90 millions d’euros de revenus, contre 40 millions un an plus tôt. Mais les comptes restent dans le rouge. Trenitalia a multiplié les investissements pour s’implanter en France, et son développement a été lourdement entravé par l’éboulement de la Maurienne, qui a fermé le tunnel pendant 19 mois et fait perdre, selon l’entreprise, près de 500 000 clients.
Plus de trains, plus de services, plus de promos
Pour regagner du terrain, la stratégie est claire : densifier l’offre et choyer les voyageurs. Dès le 14 décembre, la ligne Paris-Lyon passera de 9 à 14 allers-retours quotidiens. Trenitalia, positionnée plutôt sur un service haut de gamme avec salle de réunion, sièges orientables, Wi-Fi gratuit et restauration soignée, table aussi sur des promotions plus régulières et réfléchit à lancer une carte de fidélité.
Si Paris-Milan affiche un taux de remplissage d’environ 80%, Paris-Lyon et surtout Paris-Marseille restent sous les 70%, loin des 90% atteints par la SNCF grâce notamment au succès des Ouigo. Trenitalia préfère voir l’avenir avec optimisme : consolider avant d’étendre, tout en gardant en ligne de mire de futures ambitions, dont un Paris-Londres à l’horizon 2030.