Voyages d'Anne Hidalgo en classe business: Mediapart confirme (sans nous citer) les révélations d'Entrevue publiées en janvier 2024. (DR)
Voyages d’Anne Hidalgo en classe business: Mediapart confirme (sans nous citer) les révélations d’Entrevue publiées en janvier 2024. (DR)

Ce vendredi, Mediapart prétend révéler un scandale : selon le média, Anne Hidalgo privilégie systématiquement la classe business en avion pour ses déplacements officiels. Une pratique qui contrevient aux règles habituellement applicables aux élus, et qui est contraire à ce que la communication municipale laisse entendre depuis plusieurs années. Si ces informations sont exactes, elles ne font en réalité que confirmer nos révélations exclusives sur Anne Hidalgo publiées en janvier 2024 dans Entrevue, que Mediapart ne cite étrangement pas…

Dans notre enquête sur le Tahiti Gate, nous révélions en effet les incohérences d’Anne Hidalgo, qui prétendait voyager en classe économique, alors que le prix des billets d’avion correspondait à une class business.

Entrevue affirmait ainsi, dès janvier 2024 : « Au regard des tarifs de ce type de billets, il ne paraît donc pas impossible qu’en réalité les élus, dont Anne Hidalgo, aient voyagé dans le confort de la classe affaire, les collaborateurs voyageant en classe économique. Seule la publication par la Ville de Paris des cartes d’embarquement pourrait lever le doute : mensonge public pour cacher le voyage des élus dans des conditions luxueuses pendant que les « sous-fifres » voyageaient à l’arrière de l’avion ou simple incompétence dans la maîtrise des coûts d’achat des billets d’avion. »

Pour appuyer l’argumentaire de son article sur les billets d’avion, Mediapart revient sur le Tahiti Gate, affirmant : « Anne Hidalgo a toujours pris soin de taire un privilège : contrairement à tous ses adjoints, la maire voyage systématiquement en première classe lors de ses déplacements en train, et en classe business pour ses voyages internationaux. » C’est exactement ce que Entrevue révélait en janvier 2024…

Le recours permanent à la première classe

Si nous révélions ce scandale il y a maintenant presque deux ans, Mediapart donne de nouveaux exemples qui viennent confirmer nos révélations initiales. Mediapart publie ainsi d’autres montants de billets d’avion d’Anne Hidalgo, affirmant qu’elle a recours de façon permanente à la première classe : 5 693 euros pour Kigali en juillet 2021, 12 687 euros pour Tokyo lors des Jeux paralympiques en septembre 2021, 9 100 euros pour Buenos Aires en 2022, 2 319 euros pour Rome la même année pour une rencontre avec le pape, 1 468 euros pour Florence en septembre 2023, 6 986 euros pour Cotonou en octobre 2023 ou encore 5 389 euros pour Dubaï lors de la COP28 en novembre 2023.

Une chose est sûre : alors que la ville de Paris connaît un niveau d’endettement sans précédent, les différentes polémiques sur les notes de frais d’Anne Hidalgo, que ce soit sur ses vêtements ou ses billets d’avion et son manque de transparence, ne vont pas redorer l’image d’une maire plus contestée que jamais…

Anne Hidalgo : une défense qui s’effrite

Pour rappel, pour les besoins de notre enquête publiée en janvier 2024, nous nous étions déplacés en Polynésie. Notre article article pointait l’utilisation présumée de fonds publics à des fins privées par Anne Hidalgo pour son voyage en Polynésie, durant lequel la maire de Paris était allée rendre visite à sa fille. Nous nous interrogions notamment sur le coût global de ce voyage, soit environ 60 000 euros, et celui les billets d’avion. Nous étions alors les premiers à révéler que Anne Hidalgo et certains membres de sa délégation avaient voyagé en classe business, ce qui contredisait les affirmations de la mairie de Paris.

Suite à notre enquête, Anne Hidalgo avait annoncé dans les médias avoir porté plainte contre Entrevue, dans le but de noyer le poisson. Nous n’aurons connaissance officiellement de cette plainte que quelques mois plus tard. Des mois durant lesquels la défense de la maire de Paris n’a cessé de s’effriter, de nouvelles révélations divulguées dans les médias nous donnant raison et fragilisant la plainte d’Anne Hidalgo contre Entrevue.

En décembre 2024, Le Canard enchaîné révélait que a maire de Paris aurait accumulé une facture téléphonique hors forfait de 30 000 euros entre octobre et novembre 2023, lors de son déplacement si décrié en Polynésie française. Lors du Conseil de Paris du jeudi 13 février 2025, la municipalité avait reconnu un gros dépassement de facture, expliquant maladroitement que ce montant était justifié par les tarifs pratiqués par Orange pour les connexions hors de la zone Europe, alors qu’il suffisait de souscrire une option pour que ça ne coûte ps aussi cher. L’opposition municipale et des associations anticorruption avaient dénoncé un manque d’anticipation et une mauvaise gestion des fonds publics, ce qui a conduit à l’ouverture d’une enquête par le Parquet national financier.

En septembre 2025, un autre scandale éclaboussait Anne Hidalgo. L’association Transparence citoyenne, relayée par Mediapart, révélait que la maire de Paris avait dépensé environ 84 200 euros en frais de représentation, majoritairement pour l’achat de vêtements, tout cela entre 2020 et 2024. Une enveloppe annuelle de 20.000 euros lui était allouée. Les documents publiés montrent que les enseignes sollicitées sont régulièrement les mêmes, comme BHV Marais, Repetto, Apostrophe, Éric Bompard ou Gérard Darel, mais qu’Anne Hidalgo a également acquis plusieurs pièces de luxe, dont deux robes Dior en 2024 pour 6.320 euros ou encore une blouse Dior en 2021 à 1.120 euros. Le cabinet de la maire de Paris avait auparavant justifié ces achats par le rôle de représentation de la maire, qui «incarne la France à l’étranger» et doit renvoyer une image soignée de la capitale lors d’événements diplomatiques, en représentant « la culture française et la haute couture » à l’instar des ministres ou de la Première dame. Problème : si, comme le prétend la mairie de Paris, ces notes de frais sont justifiées par le fait que Anne Hidalgo « représente la culture française et la haute couture », comment expliquer dans ce cas, l’achat de vêtements Burberry, une marque de luxe anglaise ? Suite à ce nouveau scandale, le Parquet national financier a confirmé qu’un dossier était en cours concernant les notes de frais d’Anne Hidalgo.

Enfin, le 14 novembre 2025, Mediapart a donc affirmé que Anne Hidalgo privilégiait systématiquement la classe business en avion pour ses déplacements officiels, ce qui confirme nos révélations de janvier 2024 et vient démentir la communication de la mairie de Paris.

Que dit l’article sur Voyages d’Anne Hidalgo en class business: Mediapart confirme (sans nous citer) les révélations d’Entrevue publiées en janvier 2024 ?

Ce vendredi, Mediapart prétend révéler un scandale : selon le média, Anne Hidalgo privilégie systématiquement la classe business en avion pour ses déplacem

Quelles sont les réactions clés ?

L’article résume les réactions et le contexte international pertinent.

On le voit, plus les mois passent, et plus la défense de la maire de Paris s’effrite, preuves à l’appui. Comme le soulignait un magistrat ce vendredi sur X, la plainte pour diffamation déposée par Anne Hidalgo Paris contre Entrevue ne cesse de prendre du plomb dans l’aile. Les scandales révélés ces derniers mois nous donnent raison et renforcent la crédibilité des informations publiées par Entrevue en janvier 2024. Tout cela pose évidemment question sur la légitimité de la plainte d’Anne Hidalgo contre Entrevue pour diffamation.

Si le tribunal devait examiner la plainte d’Anne Hidalgo aujourd’hui, les nouvelles informations pourraient peser sur l’appréciation de la véracité des faits, et donc sur la recevabilité de la plainte. Les observateurs du monde judiciaire et médiatique suivront de près le déroulement de ce dossier, qui pourrait constituer un précédent sur la question des informations exactes contestées par une plainte pour diffamation…

Partager