C’est un simple tuyau de métal, planté sur le toit d’un palais. Et pourtant, dans quelques jours, le monde entier aura les yeux rivés sur cette cheminée fixée au sommet de la chapelle Sixtine. Ce vendredi matin, le Vatican a installé le célèbre conduit qui libérera — si tout se passe comme prévu — la fumée blanche annonçant l’élection du prochain pape. La mécanique symbolique est en place, le rituel peut commencer. Depuis la place Saint-Pierre, les fidèles et les touristes aperçoivent à peine le mince cylindre brun coiffé d’un capuchon. Mais tout le monde connaît sa fonction : annoncer par un nuage de fumée blanche qu’un successeur a été choisi, ou par de la fumée noire que le vote n’a pas abouti. L’installation, passée presque inaperçue, marque pourtant le point de départ d’un processus solennel.
Un conclave sous haute tension spirituelle
Le conclave s’ouvrira le 7 mai, seize jours après la mort du pape François, décédé le 21 avril à l’âge de 88 ans. Les 252 cardinaux du monde entier ont été convoqués à Rome. Seuls 133 d’entre eux, âgés de moins de 80 ans, pourront voter. Deux sont absents, réduisant le collège électoral à 131 votants. Pour qu’un cardinal soit élu, il devra recueillir au moins 89 voix, soit les deux tiers requis. Le premier vote aura lieu mercredi. Ensuite, les sessions s’enchaîneront : deux votes le matin, deux l’après-midi. Après chaque double scrutin sans résultat, les bulletins sont brûlés, produisant la fameuse fumée. Seules les voix du second vote de chaque demi-journée sont suivies d’une combustion, et donc d’une émission de fumée. Si aucun nom ne se détache au bout de trois jours, une journée de prière s’imposera. Le vote reprendra ensuite jusqu’à ce qu’un nom s’impose. D’ici là, le monde scrutera le ciel du Vatican, suspendu à un panache de fumée devenu, au fil des siècles, l’un des signes les plus mystérieux et attendus de l’Église catholique.