Le Cameroun vote pour la présidentielle alors que Paul Biya, 92 ans, vise un huitième mandat (AP)
Le Cameroun vote pour la présidentielle alors que Paul Biya, 92 ans, vise un huitième mandat (AP)

Le ministre camerounais du Tourisme, Bello Bouba Maigari, a accepté la nomination de son parti, l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP), pour se porter candidat à la prochaine élection présidentielle prévue en octobre. Cette annonce, faite samedi, intervient alors que le président sortant Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, n’a pas encore déclaré s’il comptait se représenter.

Âgé de 78 ans, Maigari est un ancien Premier ministre et un fidèle allié de Biya depuis plus de trois décennies. S’il a accepté la nomination de son parti, il n’a toutefois pas quitté ses fonctions gouvernementales, ce qui laisse planer une certaine ambiguïté sur la suite de sa démarche. Il devient ainsi le deuxième ministre originaire du nord du pays à se lancer dans la course présidentielle en l’espace de quelques jours.

La semaine dernière, Issa Tchiroma Bakary, ancien porte-parole du gouvernement et également issu du nord du Cameroun, avait annoncé sa démission du gouvernement pour se porter candidat, invoquant une « demande populaire de changement ». Ces annonces successives pourraient marquer une remise en cause de l’alliance traditionnelle entre les élites du nord et le pouvoir central de Yaoundé, dominé depuis des décennies par Biya et son parti, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC).

Les régions septentrionales du Cameroun — l’Adamaoua, le Nord et l’Extrême-Nord — représentent ensemble un poids électoral important avec plus de deux millions d’électeurs. Une multiplication des candidatures issues de cette zone pourrait rebattre les cartes d’une élection longtemps dominée par l’hégémonie du président sortant.

À 92 ans, Paul Biya est le plus ancien chef d’État en exercice au monde. Sa longévité politique, marquée par des réélections régulières et contestées, reste au cœur du débat national alors que la pression monte pour un renouvellement de la classe dirigeante. En l’absence d’annonce officielle de sa candidature, les ambitions individuelles commencent à se dévoiler, laissant présager une compétition inédite au sommet de l’État.

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