Roumanie : les électeurs retournent aux urnes après une présidentielle annulée qui a plongé le pays dans la crise
Roumanie : les électeurs retournent aux urnes après une présidentielle annulée qui a plongé le pays dans la crise

Les Roumains votent ce dimanche pour élire leur président, dans le cadre d’un nouveau scrutin organisé après l’annulation controversée de l’élection de l’an dernier. Cette reprise électorale intervient alors que le pays, membre de l’Union européenne et de l’OTAN, tente de sortir de la pire crise politique qu’il ait connue depuis des décennies.

Onze candidats sont en lice pour cette présidentielle. Un second tour est attendu le 18 mai, les bureaux de vote ayant ouvert à 7h (heure locale) et devant fermer à 21h. Les Roumains de l’étranger ont pu commencer à voter dès vendredi. La Cour constitutionnelle avait invalidé les résultats du précédent scrutin, remporté au premier tour par l’outsider d’extrême droite Calin Georgescu, en raison d’allégations de fraudes électorales et d’ingérence russe — des accusations que Moscou a formellement démenties.

Dans un contexte européen de montée du populisme, la Roumanie n’échappe pas à une vague de défiance envers les élites, alimentée par l’inflation, un déficit budgétaire important et une économie atone. Cela profite à des figures nationalistes et antisystème comme George Simion, leader de l’Alliance pour l’unité des Roumains (AUR), qui devrait accéder au second tour, probablement face au maire de Bucarest, Nicusor Dan, ou à l’ancien président du Sénat Crin Antonescu.

Nicusor Dan, mathématicien de 55 ans et ancien militant anticorruption, mène campagne sous le slogan “Roumanie honnête”, sur une ligne pro-européenne assumée. Antonescu, 65 ans, centriste expérimenté, promet de maintenir le cap atlantiste du pays. Parmi les autres candidats figure aussi Victor Ponta, ancien Premier ministre, qui défend un programme “Roumanie d’abord” dans la lignée du mouvement MAGA de Donald Trump, avec lequel il affirme entretenir des liens étroits.

Également en lice, Elena Lasconi, ancienne journaliste et deuxième du scrutin annulé, se positionne comme une figure anti-système et farouchement pro-occidentale, dénonçant une classe politique qu’elle juge corrompue.

George Simion, pour sa part, capitalise sur la frustration de l’électorat privé de Georgescu, affirmant que son mouvement, l’AUR, est “parfaitement aligné avec le mouvement MAGA”. Il accuse les élites de “détruire le pays” et conteste la légitimité du système démocratique actuel.

Ce scrutin est perçu comme décisif pour l’avenir démocratique et les alliances internationales de la Roumanie. L’invalidation de l’élection précédente et l’interdiction faite à Georgescu de se représenter ont été critiquées par le vice-président américain JD Vance, le milliardaire Elon Musk, et la Russie, qui soutenait sa candidature. Le président élu exercera un mandat de cinq ans avec des pouvoirs étendus en matière de sécurité nationale et de politique étrangère.

Partager