George Simion, chef de file de l’extrême droite roumaine et figure eurosceptique, apparaît comme le grand favori du second tour de l’élection présidentielle prévu le 18 mai. Selon un sondage réalisé par l’institut Verifield, le candidat obtiendrait 54,8 % des voix contre 45,2 % pour son adversaire centriste, Nicusor Dan, actuel maire de Bucarest. L’enquête, menée le 6 mai auprès de 944 personnes, indique également qu’un tiers des électeurs reste indécis ou déclare ne pas vouloir voter.
Simion, 38 ans, a déjà provoqué un bouleversement politique majeur en remportant le premier tour avec 41 % des voix, poussant à la démission le Premier ministre social-démocrate Marcel Ciolacu et entraînant l’effondrement de la coalition pro-occidentale au pouvoir. Il s’oppose ouvertement à l’aide militaire à l’Ukraine, critique fermement l’Union européenne et se revendique du mouvement Make America Great Again du président américain Donald Trump.
Face à lui, Nicusor Dan, 55 ans, prône un programme centré sur la lutte contre la corruption et un engagement renforcé envers l’Union européenne et l’OTAN. Il peine toutefois à rallier les électeurs centristes et modérés des candidats arrivés troisième et quatrième au premier tour, respectivement Crin Antonescu et Victor Ponta.
Lors d’un débat organisé par un syndicat national, les deux finalistes ont exposé des visions radicalement différentes du rôle de la Roumanie en Europe. Simion a dénoncé « l’establishment mondialiste progressiste et satanique » et défendu la primauté de l’OTAN sur toute alternative européenne en matière de défense. Dan a, pour sa part, mis en garde contre une réponse politique fondée sur la haine, appelant à des réformes structurelles et à une unité nationale renouvelée.
Sur le plan économique, le pays affiche actuellement le plus important déficit budgétaire de l’Union européenne. Simion propose de supprimer 500 000 emplois publics pour y remédier, sans augmenter les impôts, tandis que Dan mise sur les fonds européens et une réduction ciblée des dépenses publiques.
Les marchés ont déjà réagi à la percée de Simion : le leu roumain a chuté de près de 3 % face à l’euro et les taux obligataires à dix ans ont bondi, signe d’une inquiétude grandissante quant à la stabilité financière du pays si l’extrême droite accède à la présidence.