Présidentielle en Roumanie : le centriste Nicusor Dan talonné par l’extrême droite à la veille d’un scrutin décisif
Présidentielle en Roumanie : le centriste Nicusor Dan talonné par l’extrême droite à la veille d’un scrutin décisif

À deux jours du second tour de l’élection présidentielle roumaine, le maire centriste de Bucarest, Nicusor Dan, devance d’une courte tête le candidat d’extrême droite George Simion, selon un sondage publié vendredi. Ce duel, aux allures de test pour la poussée nationaliste en Europe de l’Est, s’annonce extrêmement serré dans un pays membre de l’Union européenne et de l’OTAN.

D’après une enquête menée par AtlasIntel pour le site d’information HotNews.ro, Dan recueillerait 48,7 % des intentions de vote contre 47,8 % pour Simion. La marge d’erreur étant d’un point, l’issue du scrutin prévu dimanche reste incertaine. Environ 1,8 % des électeurs prévoient de voter blanc ou nul, tandis que 1,7 % sont encore indécis. La diaspora, très mobilisée et en grande partie acquise à Simion, pourrait jouer un rôle déterminant.

George Simion, chef du parti Alliance pour l’Union des Roumains (AUR), a créé la surprise en arrivant largement en tête du premier tour le 4 mai. Ce succès a entraîné la chute du gouvernement pro-européen et provoqué un mouvement de panique sur les marchés, avec une fuite des capitaux. Opposé à l’aide militaire à l’Ukraine et très critique envers les institutions européennes, Simion incarne une ligne populiste et souverainiste proche des positions de Donald Trump.

Face à lui, Nicusor Dan défend une ligne clairement pro-UE et pro-OTAN. Il a axé sa campagne sur la lutte contre la corruption et le soutien à l’Ukraine, qu’il considère comme essentiel à la sécurité régionale face à la menace russe. Pour ses partisans, une victoire de Simion risquerait d’isoler la Roumanie sur la scène internationale et de fragiliser sa place dans les alliances occidentales.

L’élection est d’autant plus scrutée que le précédent scrutin présidentiel de novembre 2024 a été annulé par la Cour suprême pour cause d’ingérence russe présumée. Simion, qui s’était allié à l’époque avec le candidat d’extrême droite Calin Georgescu – finalement disqualifié –, prévoit désormais de le nommer Premier ministre s’il est élu. Georgescu, favorable à des rapprochements avec la Russie et la Chine, a réaffirmé vendredi soir sa volonté d’occuper ce poste, malgré une enquête en cours pour appartenance à un groupe fasciste et financement illégal de campagne.

Alors que près de 180 000 électeurs roumains de la diaspora ont déjà voté, soit le double du taux de participation du premier tour, la Roumanie se prépare à un scrutin aux conséquences potentiellement majeures, tant sur son avenir politique que sur son ancrage occidental.

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