Présidentielle au Cameroun : la justice valide l’exclusion du principal opposant Maurice Kamto
Présidentielle au Cameroun : la justice valide l’exclusion du principal opposant Maurice Kamto

Le Conseil constitutionnel du Cameroun a confirmé mardi l’exclusion de Maurice Kamto, figure majeure de l’opposition, de la course à l’élection présidentielle prévue le 12 octobre prochain. Cette décision, désormais définitive, entérine le rejet de sa candidature annoncé en juillet par la commission électorale nationale.

Selon cette dernière, Kamto a été disqualifié en raison d’un manquement aux règles électorales, en se présentant sous la bannière du parti MANIDEM, qui soutenait simultanément un autre candidat. Un argument jugé contestable par de nombreux observateurs, qui y voient une manœuvre politique destinée à écarter un adversaire sérieux du président sortant, Paul Biya, au pouvoir depuis plus de 40 ans.

Maurice Kamto, ancien ministre et chef du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), avait déposé un recours dans les délais légaux, contestant la régularité et la motivation de cette exclusion. Mais le président du Conseil constitutionnel, Clément Atangana, a confirmé mardi le rejet de la candidature dans une décision qualifiée d’irrévocable. Kamto n’a pas encore réagi publiquement à ce revers judiciaire.

Cette exclusion a rapidement suscité des critiques sur la scène nationale et internationale. L’organisation Human Rights Watch a dénoncé la semaine dernière une décision « préoccupante », estimant qu’elle portait atteinte à la crédibilité du processus électoral et au droit fondamental des Camerounais à choisir librement leurs dirigeants.

Le contexte politique au Cameroun reste marqué par de fortes tensions, notamment dans les régions anglophones du pays où les violences séparatistes persistent. Dans ce climat, la mise à l’écart d’un opposant de premier plan comme Kamto jette une ombre sur l’élection à venir, renforçant les soupçons de verrouillage du jeu démocratique.

Alors que la campagne électorale s’ouvre dans un climat de défiance, la confirmation de l’exclusion de Kamto pourrait accentuer la fracture entre le pouvoir et une partie de la population lassée par des décennies de gouvernance sans alternance.

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