Édouard Philippe était l’invité de l’émission événement de LCI ce lundi 8 décembre. Une longue interview destinée à relancer sa campagne. Mais une phrase, une seule, a révélé l’essentiel : pourquoi Édouard Philippe refuse catégoriquement l’idée d’une primaire à droite.
Interrogé sur l’hypothèse d’un scrutin de départage, Édouard Philippe a fini par lâcher ce qui ressemble moins à un argument qu’à un aveu : « Si je fais une primaire et que c’est Mme Knafo qui gagne… je n’ai pas envie de faire une primaire avec Mme Knafo ! Je ne suis pas substituable à Mme Knafo. »
La peur d’une candidature qui monte
Cette phrase vaut toutes les analyses. Elle dit clairement ce que beaucoup d’élus du bloc central murmurent : la percée réelle de Sarah Knafo inquiète, y compris au sein d’une droite modérée persuadée depuis vingt ans qu’elle doit rester maître du jeu. Mais 2027 n’a plus rien à voir avec les scrutins passés et les cartes sont rebattues entre une majorité présidentielle divisée, des Républicains en quête d’incarnation et l’eurodéputée Reconquête qui a su s’imposer comme une figure incontournable dans ce tableau politique.
Qu’Edouard Philippe refuse une primaire n’est pas nouveau. Qu’il reconnaisse publiquement que Sarah Knafo pourrait la remporter est autre chose. Un risque impossible à prendre. Mais à vouloir esquiver le débat, l’ancien premier ministre finit par avouer ce qu’il craint, un duel démocratique qu’il ne gagnerait pas. Et si les sondages continuent de montrer la progression du nouveau visage de Reconquête, alors la droite pourrait découvrir ce qu’Édouard Philippe a confessé malgré lui : il existe peut-être une concurrence sérieuse en son sein, et elle n’est pas de son côté.