LISBONNE – À quelques jours des élections générales portugaises prévues dimanche, l’Alliance démocratique (AD), coalition de centre-droit dirigée par le Premier ministre sortant Luis Montenegro, continue de creuser l’écart dans les intentions de vote. Cependant, elle semble encore loin d’atteindre la majorité nécessaire pour gouverner seule, selon un sondage publié jeudi soir.
Réalisée par l’institut de sondage de l’Université catholique de Lisbonne et publiée par la chaîne publique RTP, l’enquête place l’AD à 34 % des intentions de vote, en progression de deux points par rapport à la semaine précédente. Le Parti socialiste (PS), principal adversaire de gauche dirigé par Pedro Nuno Santos, recule pour sa part à 26 %, contre 28 % précédemment.
Malgré cette dynamique favorable, l’AD resterait en deçà du seuil des 42 % requis pour garantir une majorité absolue au Parlement portugais. En mars 2024, lors des dernières élections anticipées, l’AD et le PS avaient obtenu des scores très proches, respectivement 28 % et 27 %, débouchant sur un gouvernement minoritaire formé par Luis Montenegro.
Ce gouvernement a cependant vacillé rapidement. En mars, Montenegro a perdu un vote de confiance à l’Assemblée, en raison de soupçons concernant les liens de sa famille avec un cabinet de conseil en protection des données. Bien qu’il ait fermement nié toute malversation, cette controverse a suffi à déclencher la troisième élection en à peine trois ans.
À droite, le parti d’extrême droite Chega maintient une position solide dans les sondages avec 19 % d’intentions de vote, au-dessus de son score de 18 % de l’année précédente. Ce maintien intervient malgré les polémiques judiciaires impliquant plusieurs de ses dirigeants. Luis Montenegro a toutefois répété son refus catégorique de conclure une quelconque alliance avec cette formation.
L’Initiative libérale, un parti plus modéré avec lequel l’AD partage certaines orientations économiques, est créditée de 7 % des voix. Une éventuelle alliance entre ces deux forces politiques n’atteindrait cependant pas la majorité parlementaire.
Le scrutin s’annonce donc une nouvelle fois comme un test difficile pour la stabilité politique au Portugal, qui semble condamné à de nouvelles négociations et compromis à l’issue du vote. La fragmentation du paysage politique complique la tâche de toute majorité claire, tandis que les électeurs, appelés à se prononcer pour la troisième fois en trois ans, devront arbitrer entre continuité fragile et incertitude renouvelée.