Une perquisition de grande ampleur est en cours ce mercredi au siège du Rassemblement National, situé à Paris, dans le 8e arrondissement. L’opération, menée par la Brigade financière depuis 8h50, mobilise une vingtaine de policiers accompagnés de deux juges d’instruction, selon les informations publiées par Jordan Bardella sur le réseau social X.
« Depuis 8h50 ce matin, le siège du Rassemblement National, y compris les bureaux de ses dirigeants, fait l’objet d’une perquisition menée par une vingtaine de policiers de la Brigade financière, armés et en gilets pare-balles, accompagnés de deux juges d’instruction », a écrit le président du RN dans un message publié en début de matinée.
Il ajoute que tous les documents comptables, courriels et archives électorales ont été saisis : « Tous les mails, documents et éléments de comptabilité du premier parti d’opposition sont saisis, sans que nous sachions à ce stade quels sont précisément les griefs qui en sont le fondement. »
Selon Jordan Bardella, cette perquisition vise l’ensemble des dossiers liés aux campagnes régionales, présidentielles, législatives et européennes organisées entre 2021 et 2024. Il dénonce une opération à caractère politique : « Cette opération, spectaculaire et inédite, s’inscrit clairement dans une nouvelle opération de harcèlement. C’est une atteinte grave au pluralisme et à l’alternance démocratique. Jamais un parti d’opposition n’a subi un tel acharnement sous la Ve République. »
Une enquête ouverte pour escroquerie présumée liée aux financements de campagnes
Le parquet de Paris confirme qu’une information judiciaire a été ouverte en juillet 2024, à la suite de plusieurs signalements transmis par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques ainsi que par des particuliers. L’enquête porte sur des faits « susceptibles de recouvrir la qualification d’escroquerie ».
Selon la même source judiciaire, les investigations visent spécifiquement les campagnes présidentielle et législative de 2022, ainsi que celle des élections européennes de 2024. Les enquêteurs cherchent à déterminer si des prêts illégaux de particuliers ont pu être utilisés pour financer les activités électorales du parti ou de certains candidats affiliés au RN, en violation du Code électoral.
Des éléments laissent entendre que ces prêts auraient pu contourner les règles strictes encadrant les dons et financements politiques, notamment en ce qui concerne l’identité des prêteurs, les plafonds autorisés et la transparence des flux financiers…