Nouri al-Maliki, l’ancien Premier ministre irakien à la réputation controversée, reste une figure centrale à l’approche des élections (AP)
Nouri al-Maliki, l’ancien Premier ministre irakien à la réputation controversée, reste une figure centrale à l’approche des élections (AP)

À quelques jours des élections législatives du 11 novembre, l’ancien Premier ministre irakien Nouri al-Maliki revient au centre du jeu politique. Malgré un passé marqué par les divisions communautaires et les accusations de mauvaise gouvernance, le chef du parti chiite État de droit demeure l’un des hommes les plus influents du pays, capable selon de nombreux analystes de peser sur le choix du futur Premier ministre.

Âgé d’une soixantaine d’années, Maliki a dirigé l’Irak de 2006 à 2014, avant d’être contraint à la démission sous la pression conjointe des États-Unis, de l’Iran et des dignitaires religieux chiites, à la suite de la prise de Mossoul par l’État islamique. Ses détracteurs lui reprochent d’avoir favorisé un climat de sectarisme entre chiites et sunnites, affaibli les institutions et toléré la corruption, plongeant le pays dans l’instabilité et ouvrant la voie à la montée des djihadistes.

Malgré ces critiques, Maliki a su reconstruire patiemment son influence. Proche de Téhéran, il a tissé un solide réseau d’alliances dans les milices chiites, la magistrature et les services de sécurité. Cette toile de relations lui confère aujourd’hui un poids politique considérable, alors que les partis cherchent à former une majorité fragile dans un contexte de méfiance généralisée envers la classe politique.

Né en 1950 dans une famille du sud de l’Irak engagée contre la domination britannique, Maliki s’est très tôt opposé au régime de Saddam Hussein. Condamné à mort pour ses activités au sein du parti islamique chiite Dawa, il a passé plus de vingt ans en exil en Iran et en Syrie. Après la chute du dictateur en 2003, il a fait son retour à Bagdad et a gravi les échelons du pouvoir, jusqu’à devenir Premier ministre trois ans plus tard.

C’est lui qui a signé, en 2006, l’ordre d’exécution de Saddam Hussein un symbole fort pour la majorité chiite, mais aussi un tournant politique. Son mandat, d’abord salué pour sa fermeté, a rapidement été éclipsé par une gouvernance autoritaire et une marginalisation des sunnites, que beaucoup estiment avoir précipité l’effondrement du pays face à l’État islamique en 2014.

En dépit des appels à le juger pour la chute de Mossoul, Maliki n’a jamais été inquiété et continue d’exercer une influence en coulisses. Ses soutiens louent sa détermination à préserver l’unité du pays et à renforcer l’État central face aux factions rivales. Ses adversaires, eux, le décrivent comme l’incarnation d’un système politique corrompu et confessionnel, incapable de tirer les leçons du passé.

À l’heure où l’Irak tente de se reconstruire entre les ingérences étrangères et les aspirations d’une jeunesse en quête de changement, la figure de Nouri al-Maliki reste un rappel de la complexité du pouvoir à Bagdad un équilibre fragile entre mémoire des conflits, loyautés communautaires et ambitions personnelles.

Que retenir rapidement ?

À quelques jours des élections législatives du 11 novembre, l’ancien Premier ministre irakien Nouri al-Maliki revient au centre du jeu politique. Malgré un

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