Depuis la victoire de Zohran Mamdani aux primaires démocrates pour la mairie de New York mardi dernier, les défenseurs des droits civiques signalent une explosion inquiétante de propos islamophobes en ligne, allant jusqu’à des menaces de mort. L’organisation CAIR Action, branche politique du Conseil des relations américano-islamiques, a recensé plus de 120 incidents violents ou haineux liés à Mamdani dans les 24 heures suivant la clôture du scrutin.
Selon CAIR Action, cela représente une multiplication par cinq du nombre moyen quotidien de signalements antimusulmans concernant le candidat ou sa campagne, par rapport au début du mois. L’organisation affirme avoir identifié plus de 6 200 publications en ligne exprimant des propos hostiles ou discriminatoires envers Mamdani sur cette période, dont la majorité (62 %) sur la plateforme X (anciennement Twitter).
Zohran Mamdani, 33 ans, est un député de l’État de New York et un socialiste démocrate déclaré. Né en Ouganda de parents indiens, il pourrait devenir le premier maire musulman et indo-américain de la ville s’il remportait les élections générales de novembre. Il a remporté les primaires face à l’ancien gouverneur Andrew Cuomo, qui a reconnu sa défaite mardi soir.
La rhétorique hostile ne se limite pas aux anonymes : des figures politiques de premier plan, notamment Donald Trump Jr. et la représentante républicaine Marjorie Taylor Greene, ont alimenté les tensions. Trump Jr. a publié sur X que « New York est tombée », associant la victoire de Mamdani aux attentats du 11 septembre. Greene a partagé une image générée par IA représentant la Statue de la Liberté voilée d’une burqa, dans une tentative provocatrice de choquer l’opinion.
Face à ces dérives, Basim Elkarra, directeur exécutif de CAIR Action, a appelé les responsables politiques de tous bords à condamner clairement cette vague d’islamophobie. « Nous appelons les responsables publics de tous les partis – y compris ceux dont les alliés amplifient ces diffamations – à condamner sans équivoque l’islamophobie », a-t-il déclaré dans un communiqué.
L’attaque contre Mamdani intervient alors que les tensions identitaires s’intensifient dans le climat politique américain à l’approche des élections de novembre. Pour ses partisans, sa victoire marque une avancée historique vers plus de diversité et d’inclusion dans une des plus grandes villes du pays. Pour ses détracteurs, elle devient le prétexte à des amalgames dangereux et à une stigmatisation préoccupante.