Un sondage Ipsos publié ce mercredi 4 juin bouleverse les équilibres politiques à Marseille. Le maire sortant, Benoît Payan (divers gauche), arrive certes en tête dans toutes les configurations avec 25 à 28 % des intentions de vote, mais il est désormais talonné par Martine Vassal (divers droite), qui oscille entre 23 et 25 %. L’écart est minime, et l’avantage du sortant pourrait s’effondrer face à une droite de plus en plus structurée.
Une gauche morcelée face à une droite en ordre de marche
Ce sondage confirme surtout l’installation durable de la droite nationale dans le paysage marseillais. Franck Allisio (RN) est mesuré à 19 %, tandis que Stéphane Ravier (Rassemblement Marseillais) atteint 15 à 17 %. Ensemble, ces deux figures patriotes dépasseraient les 35 %, une percée qui fragilise la gauche, divisée entre ses multiples chapelles. LFI de Sébastien Delogu plafonne à 13 %, même en alliance avec EELV (16 %), sans espoir de rassemblement avec le Printemps marseillais.
Frédéric Collart, outsider soutenu par Renaissance et le centre droit si Vassal ne se présente pas, pourrait atteindre 19 à 20 %. Preuve qu’une partie de l’électorat cherche une alternative sérieuse à l’équipe sortante. En 2020, la victoire surprise de Michèle Rubirola avait reposé sur une alliance fragile qui n’a pas tenu. Aujourd’hui, Payan apparaît isolé, tandis que ses adversaires se préparent activement.
Le sondage reflète aussi une lassitude grandissante des Marseillais face aux promesses non tenues et à la situation dégradée dans plusieurs quartiers. Dans ce contexte, la perspective d’un second tour entre la gauche désunie et une droite élargie, voire réunifiée, pourrait sceller le sort de l’hôtel de ville. À dix mois du scrutin, tout reste ouvert, mais une chose est sûre : Marseille pourrait tourner la page Payan.