Les Moldaves se rendent aux urnes ce dimanche pour élire un nouveau Parlement de 101 sièges, lors d’un scrutin considéré comme décisif pour l’avenir géopolitique du pays, partagé entre un rapprochement avec l’Union européenne et une réorientation vers la Russie.
Le Parti Action et Solidarité (PAS), au pouvoir depuis 2021 et ouvertement pro-européen, risque de perdre sa majorité face à une opposition prorusse divisée mais mobilisée. Si le PAS obtenait le plus de voix, la formation d’un gouvernement resterait incertaine, faute d’alliés fiables du même camp pro-européen.
À la veille du scrutin, le Premier ministre Dorin Recean a accusé Moscou de mener une « guerre hybride » contre la Moldavie, affirmant que la Russie dépensait « des centaines de millions » pour influencer le vote. Selon lui, ces stratégies incluraient des achats massifs de votes, des cyberattaques, une désinformation en ligne et même des projets d’émeutes orchestrées le jour du scrutin. Moscou rejette catégoriquement ces accusations, les qualifiant de « non fondées » et « anti-russes ».
Les autorités moldaves redoutent également des menaces immédiates, comme de fausses alertes à la bombe, des coupures d’électricité temporaires ou encore des violences organisées par des groupes entraînés. Plusieurs centaines de perquisitions ont déjà été menées dans le pays et des dizaines de personnes ont été arrêtées.
La diaspora moldave, particulièrement influente, pourrait jouer un rôle crucial. Lors de la dernière présidentielle, plus de 327 000 électeurs vivant à l’étranger avaient voté, dont plus de 80 % en faveur de la présidente pro-européenne Maia Sandu, permettant sa réélection.
En face du PAS, le principal adversaire est le Bloc patriotique électoral, prorusse, qui milite pour une « neutralité permanente » et un rapprochement avec Moscou. S’y ajoutent le parti populiste « Notre Parti », qui prône une politique étrangère « équilibrée », et le Bloc Alternativa, affiché comme pro-européen mais accusé par ses détracteurs de vouloir resserrer les liens avec la Russie.
Dans un pays frappé par l’inflation, la pauvreté et des crises politiques récurrentes, une partie de la population semble désabusée. Les sondages placent le PAS en tête, mais près d’un tiers des électeurs restent indécis et la participation — 48 % en 2021 — sera déterminante.
« Après quatre ans de crises, la Moldavie a résisté face à l’agression russe », estime Iulian Groza, directeur d’un institut pro-européen. Reste à savoir si les électeurs confirmeront dimanche la voie occidentale ou opteront pour un virage vers Moscou.
Que retenir rapidement ?
Les Moldaves se rendent aux urnes ce dimanche pour élire un nouveau Parlement de 101 sièges, lors d’un scrutin considéré comme décisif pour l’avenir géopol