Même avec un candidat RN, Robert Ménard ultra favori avec plus de 60 % dès le premier tour à Béziers
Même avec un candidat RN, Robert Ménard ultra favori avec plus de 60 % dès le premier tour à Béziers

À trois mois des élections municipales, le match semble déjà plié à Béziers. Selon un sondage réalisé mi-décembre par l’Ifop et révélée par le Journal du Dimanche, Robert Ménard écrase littéralement la concurrence. Le maire sortant est crédité de 60 à 67 % des intentions de vote dès le premier tour, quelles que soient les hypothèses testées. Une avance abyssale qui transforme la campagne à venir en formalité électorale plus qu’en véritable affrontement politique.

Le chiffre le plus spectaculaire reste celui-ci : même en cas de présence d’une liste officielle du Rassemblement national, Ménard resterait au-dessus de la barre des 60 %. Quant aux autres candidats à la mairie de Béziers, deux ou trois listes, de gauche ou prétendument « apolitique », en sont réduites à se partager les voix restantes… Le candidat RN plafonnerait, au mieux, autour de 12 %. Un désaveu clair pour l’appareil dirigé par Jordan Bardella, et une démonstration de force pour un maire qui a transformé sa ville et dont l’électorat dépasse désormais très largement les frontières partisanes. À Béziers, une part significative des électeurs RN semble préférer l’efficacité et la liberté de ton de leur maire à la discipline de parti.

Ce paradoxe est d’autant plus frappant que Robert Ménard a été l’un des rares responsables politiques, en dehors du RN et de ses alliés, à appeler explicitement à voter pour Marine Le Pen lors de la dernière présidentielle, aux deux tours. Mais son indépendance assumée, son refus de toute tutelle nationale et sa parole sans filtre continuent de lui valoir l’hostilité d’une direction RN peu encline à tolérer les électrons libres. Un conflit d’appareils que les électeurs biterrois, eux, semblent avoir tranché sans hésitation.

La dynamique est encore renforcée par le soutien officiel des Les Républicains, acté pour les municipales de 2026. Une investiture saluée publiquement par le président du parti Bruno Retailleau, qui a loué le bilan et la stature d’un « maire extraordinaire ». À Béziers, cette alliance de fait entre élus LR et RN au sein de la majorité municipale fonctionne déjà, et Ménard ne se prive pas de rappeler qu’il pratique localement cette « union des droites » que beaucoup invoquent sans jamais la réaliser.

Enfin, cette domination locale s’inscrit dans un mouvement plus large. Robert Ménard figure désormais parmi les toutes premières personnalités politiques préférées des Français dans les baromètres nationaux, une performance rare pour un élu n’ayant jamais exercé de fonctions nationales. Franc-parler, autorité assumée, bilan concret et défiance ouverte envers les injonctions parisiennes composent un profil qui séduit bien au-delà de l’Hérault. À Béziers, le scrutin de mars prochain s’annonce moins comme une élection que comme un plébiscite.

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