L’élection présidentielle au Portugal attire 11 candidats, un second tour probable
L’élection présidentielle au Portugal attire 11 candidats, un second tour probable

La campagne officielle de l’élection présidentielle portugaise a débuté dimanche avec un nombre record de 11 candidats en lice, rendant peu probable une victoire dès le premier tour du scrutin prévu le 18 janvier. Selon les règles électorales, si aucun candidat n’obtient plus de 50 % des suffrages, les deux premiers s’affronteront lors d’un second tour fixé au 8 février.

D’après les sondages récents, les favoris sont Luís Marques Mendes, candidat du Parti social-démocrate de centre droit actuellement au pouvoir, et António José Seguro, représentant du Parti socialiste de centre gauche. Tous deux devront toutefois compter avec la percée de André Ventura, chef du parti populiste et anti-immigration Chega, devenu la deuxième force politique du Parlement l’an dernier, ainsi qu’avec Henrique Gouveia e Melo, ancien vice-amiral à la retraite, candidat indépendant salué pour son rôle dans la campagne de vaccination contre le Covid-19.

Au Portugal, la fonction présidentielle est essentiellement honorifique et dépourvue de pouvoir exécutif direct. Le chef de l’État est toutefois chargé d’arbitrer les crises politiques, peut opposer son veto à des lois – même si celui-ci peut être surmonté – et dispose du pouvoir de dissoudre le Parlement et de convoquer des élections anticipées. Après trois élections législatives en trois ans, une période d’instabilité politique inédite depuis des décennies, le futur président devrait jouer un rôle clé pour encourager les compromis.

Plusieurs dossiers sensibles pourraient rapidement atterrir sur le bureau du prochain occupant du palais présidentiel de Belém, à Lisbonne. Parmi eux figurent une proposition de loi sur la limitation de l’accès à la citoyenneté portugaise, déjà retoquée par la Cour constitutionnelle, un paquet de réformes du travail à l’origine de manifestations et d’une grève majeure, ainsi qu’un texte autorisant l’euthanasie et l’assistance médicale au suicide, adopté par le Parlement en 2022 mais toujours bloqué pour des raisons constitutionnelles.

Près de 11 millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour cette élection qui s’annonce très ouverte et déterminante pour l’équilibre institutionnel du pays dans les années à venir.

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