Les autorités mozambicaines ont engagé une procédure judiciaire contre Venancio Mondlane, principal leader de l’opposition, pour son rôle présumé dans les violences qui ont secoué le pays après l’élection présidentielle contestée d’octobre dernier. Un document de 40 pages, présenté mardi par le parquet au dirigeant du parti d’opposition, l’accuse notamment d’« incitation aux troubles » à la suite des manifestations post-électorales qui ont provoqué la mort de plus de 300 personnes à travers le pays, principalement dans la capitale, Maputo.
Mondlane rejette catégoriquement ces accusations et continue d’affirmer que le scrutin a été entaché de fraudes massives au bénéfice du président sortant Daniel Chapo, membre du Frelimo, le parti au pouvoir depuis l’indépendance du Mozambique en 1975. Dans une déclaration relayée par l’un de ses conseillers, Mondlane a qualifié les poursuites de « tentative politique d’intimidation » destinée à réduire au silence la contestation populaire et à détourner l’attention des irrégularités électorales.
Les procureurs mozambicains n’ont pas répondu aux sollicitations de Reuters concernant cette affaire, tandis que les tensions restent vives dans un pays encore marqué par les séquelles d’une guerre civile et les rivalités historiques entre le Frelimo et les forces d’opposition. Les autorités assurent vouloir faire respecter l’ordre public et affirment que les manifestations ont été organisées pour semer la violence.
La communauté internationale suit de près l’évolution de la situation. Plusieurs observateurs étrangers, notamment européens, ont critiqué le déroulement du scrutin d’octobre, soulignant un manque de transparence, des obstacles à la participation de l’opposition et des intimidations à l’égard des électeurs. Malgré cela, le gouvernement de Chapo maintient que les élections se sont déroulées de manière légale et démocratique.
Cette procédure contre Mondlane pourrait aggraver encore davantage les tensions politiques au Mozambique, à l’approche d’échéances électorales locales prévues pour 2026. Pour l’opposition, cette affaire illustre une dérive autoritaire du régime, tandis que pour le pouvoir, elle s’inscrit dans une logique de maintien de l’ordre face à des « troubles organisés ».