L’État australien de Tasmanie semble se diriger vers un gouvernement minoritaire à l’issue des élections législatives tenues samedi, après un scrutin qui n’a pas dégagé de vainqueur clair. Selon les premières estimations rapportées dimanche par la chaîne publique Australian Broadcasting Corporation, le Parti libéral conservateur, au pouvoir, est en passe de remporter plus de sièges que le Parti travailliste, principal parti d’opposition, sans toutefois atteindre la majorité absolue nécessaire pour gouverner seul.
Le Premier ministre sortant, Jeremy Rockliff, qui dirige les libéraux depuis 2022, s’est félicité des résultats, affirmant que les électeurs tasmaniens avaient rejeté l’opposition travailliste. « Ce vote montre clairement que les Tasmaniens n’ont aucune confiance dans le Parti travailliste pour former un gouvernement, et qu’ils ont choisi de réaffirmer leur soutien à notre gouvernement libéral », a-t-il déclaré depuis Hobart, la capitale de l’État.
Malgré ce discours optimiste, les libéraux ne devraient pas obtenir seuls les 18 sièges requis pour former un gouvernement majoritaire dans la chambre basse de 35 membres. Le scrutin avait été déclenché prématurément après un vote de défiance contre Rockliff, seulement deux ans après les précédentes élections, au cours desquelles les libéraux avaient déjà échoué à atteindre la majorité absolue.
Le Parti travailliste, dirigé au niveau national par le Premier ministre Anthony Albanese, essuie en Tasmanie ce qui s’annonce comme sa pire performance électorale dans l’État, avec seulement neuf sièges projetés selon le Guardian Australia. Ce résultat contraste avec la récente victoire éclatante des travaillistes aux élections fédérales de mai, où ils ont conforté leur majorité à Canberra.
La Tasmanie, seule entité australienne à utiliser un système de représentation proportionnelle pour l’élection de sa chambre basse, est coutumière des gouvernements minoritaires. Ce mode de scrutin favorise la diversité politique et rend les alliances indispensables pour la formation d’un gouvernement stable.
Située à environ une heure de vol de Melbourne ou dix heures de traversée en ferry, la Tasmanie est connue pour ses vastes espaces sauvages, qui couvrent 40 % de son territoire. Sa géographie isolée et son système politique unique en font un laboratoire d’observation privilégié du fonctionnement démocratique australien.
Alors que le dépouillement se poursuit, les discussions entre partis et candidats indépendants s’annoncent cruciales pour façonner le prochain exécutif. Le paysage politique tasmanien reste en suspens, mais fidèle à sa tradition d’équilibres précaires.