La Pologne soupçonne une ingérence électorale étrangère via des publicités politiques sur Facebook
La Pologne soupçonne une ingérence électorale étrangère via des publicités politiques sur Facebook

À quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle polonaise, les autorités ont annoncé mercredi avoir identifié une possible tentative d’ingérence étrangère dans la campagne électorale, via des publicités diffusées sur Facebook. Cette révélation intervient dans un climat régional marqué par une vigilance accrue vis-à-vis des interférences électorales, après l’annulation du scrutin présidentiel roumain en décembre dernier pour des raisons similaires.

Selon le Centre d’analyse de la désinformation NASK, l’institut national polonais de cybersécurité, des publicités à caractère politique ont été diffusées sur la plateforme en Pologne, potentiellement financées depuis l’étranger. L’institut précise que les comptes publicitaires à l’origine de cette campagne ont investi davantage que n’importe quel comité électoral durant les sept derniers jours, sans toutefois indiquer de quel pays proviendrait le financement.

Meta, la maison mère de Facebook, a contesté cette version, affirmant que ses procédures de vérification ont confirmé que les administrateurs des pages en question étaient authentiques et bien basés en Pologne. « Nous n’avons constaté aucune preuve d’ingérence étrangère », a assuré un porte-parole du groupe, précisant également que le blocage des publicités mentionné par le NASK était « inexact ».

L’institut de cybersécurité n’exclut toutefois pas que ces contenus soient une forme de provocation. Selon Andrzej Kozlowski, analyste au sein de NASK, les publicités, tout en semblant soutenir le candidat libéral Rafal Trzaskowski, auraient pu être conçues pour discréditer ses adversaires de droite, Karol Nawrocki et Slawomir Mentzen, ou semer le trouble parmi les électeurs. Il évoque la possibilité d’une manipulation destinée à polariser davantage le paysage politique.

Le ministre des Affaires numériques, Krzysztof Gawkowski, a évoqué « une tentative sans précédent d’ingérence dans le processus électoral », précisant que plusieurs centaines de milliers de zlotys avaient été investis dans cette campagne publicitaire douteuse. Il s’est cependant abstenu de désigner un responsable, tout en rappelant que la Russie avait été impliquée dans des opérations de désinformation par le passé.

La Pologne, en première ligne de l’aide occidentale à l’Ukraine depuis l’invasion russe en 2022, estime être une cible privilégiée pour les opérations de sabotage et de cyberattaque. Les autorités ont saisi l’Agence de sécurité intérieure, qui mène actuellement une enquête pour remonter à la source de ces publicités. La Russie, quant à elle, a catégoriquement nié toute implication.

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