La Cour suprême entérine la victoire de Doumbouya et ouvre la voie à un mandat de sept ans en Guinée (AP)
La Cour suprême entérine la victoire de Doumbouya et ouvre la voie à un mandat de sept ans en Guinée (AP)

La Cour suprême de Guinée a validé les résultats de l’élection présidentielle donnant une victoire écrasante au chef putschiste Mamady Doumbouya, ouvrant ainsi la voie à un mandat de sept ans pour l’ancien commandant des forces spéciales devenu président. La décision, rendue dimanche soir à Conakry, confirme les résultats provisoires du scrutin du 28 décembre.

La juridiction a également annoncé que le candidat arrivé en deuxième position, Abdoulaye Yero Baldé, avait renoncé à son recours contestant les résultats, une annonce qui a suscité l’indignation de certains partisans de l’opposition sur les réseaux sociaux. Le chef du Front démocratique de Guinée n’a pas réagi immédiatement aux sollicitations.

Selon les chiffres validés par la Cour suprême, Mamady Doumbouya a obtenu 86,72 % des suffrages face à huit adversaires dans une opposition fragmentée. Abdoulaye Yero Baldé est crédité de 6,59 % des voix. La validation judiciaire est une étape obligatoire du processus électoral guinéen après chaque scrutin national.

Arrivé au pouvoir par un coup d’État en 2021, Mamady Doumbouya avait renversé le président alors en exercice, Alpha Condé, dans ce pays d’Afrique de l’Ouest riche en bauxite et en minerai de fer. Le soir du Nouvel An, Alpha Condé a dénoncé le scrutin, le qualifiant de « mascarade ».

Dans une brève allocution après l’annonce de la décision, Mamady Doumbouya a appelé « toutes les filles et tous les fils de notre nation, ici et dans la diaspora, à s’unir pour construire une nouvelle Guinée ». Ses propos visaient à rassembler un pays encore marqué par les divisions politiques et institutionnelles.

Abdoulaye Yero Baldé avait initialement demandé l’annulation des résultats provisoires, affirmant que le dépouillement manquait de transparence et que des représentants de son parti avaient été expulsés de certains bureaux de vote. La Cour suprême n’a pas détaillé les motifs de l’abandon de son recours.

À l’international, l’ambassade des États-Unis en Guinée a félicité Mamady Doumbouya et indiqué que Washington souhaitait renforcer ses liens avec Conakry, tout en promouvant la stabilité économique. Cette reconnaissance marque une étape diplomatique importante pour le nouveau pouvoir guinéen, désormais conforté par une validation institutionnelle du scrutin.

Partager