Les Ivoiriens se sont rendus aux urnes samedi pour élire leur président, un scrutin marqué par la candidature du chef de l’État sortant, Alassane Ouattara, qui brigue un quatrième mandat après qu’une partie de l’opposition a été empêchée de se présenter.
Âgé de 83 ans, Ouattara, au pouvoir depuis 2011, est donné favori face à quatre autres candidats. Le président, soutenu par le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), contrôle déjà la majorité au Parlement. Sous sa présidence, la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, a connu une croissance moyenne de 6 % par an, mais plus d’un tiers de la population vit toujours sous le seuil de pauvreté, et le chômage des jeunes demeure un défi majeur.
Plusieurs électeurs ont salué la stabilité économique retrouvée, tandis que d’autres ont dénoncé une élection verrouillée. « Je vote pour montrer mon soutien à Ouattara, mais je comprends ceux qui ne se sentent pas représentés », confie Ouedraogo Issiaka, ferrailleur à Abidjan. Le taux de participation semblait faible quelques heures après l’ouverture des bureaux de vote, selon les observateurs sur place.
Une élection entachée par l’exclusion de l’opposition
La campagne a été marquée par la mise à l’écart de plusieurs figures majeures de l’opposition, notamment Tidjane Thiam, ancien dirigeant de Credit Suisse, et Laurent Gbagbo, toujours très populaire dans le pays. Leur disqualification a provoqué des manifestations réprimées par les forces de sécurité et conduit à plusieurs centaines d’arrestations. Cette situation fait craindre une résurgence des violences postélectorales qui avaient coûté la vie à plus de 3 000 personnes en 2010-2011.
Malgré les accusations de dérive autoritaire, Ouattara nie toute répression politique et bénéficie du soutien discret de la communauté internationale, notamment de la France. Les analystes estiment qu’aucun de ses quatre adversaires, dont l’ancienne première dame Simone Gbagbo et l’ex-ministre Jean-Louis Billon, n’a de réelle chance de l’emporter.
Le président sortant, qui a promis de poursuivre les investissements publics et les chantiers d’infrastructure, a appelé ses concitoyens à « voter dans la paix ». Les premiers résultats provisoires sont attendus dimanche.