Alors que l’Assemblée nationale s’apprête à examiner ce jeudi matin les deux motions de censure déposées par le Rassemblement national et La France insoumise, la tension monte d’heure en heure. Pour le moment 277 députés ont annoncé qu’ils voteraient la censure. Si le gouvernement semblait assuré de passer l’épreuve sans encombre, la donne a changé depuis mercredi soir : plusieurs députés socialistes frondeurs ont annoncé leur intention de voter la censure, et d’autres chez LR notamment pourraient suivre. Le sort du gouvernement Lecornu pourrait finalement se jouer à une dizaine de voix seulement.
D’après les derniers décomptes, la majorité absolue de 289 voix reste à portée de tir pour les oppositions, surtout si quelques élus PS, LR ou indépendants décident de franchir le pas. Cette incertitude donne un tour inédit à cette journée parlementaire, où chaque vote comptera. Marine Le Pen et Jordan Bardella affirment tous deux que « la chute du gouvernement n’a jamais été aussi proche », tandis que Sébastien Lecornu tente de rallier les derniers indécis en vantant son « ouverture au dialogue » et son renoncement au 49.3.
Un Premier ministre déjà sous pression
Quelle que soit l’issue du scrutin, le Premier ministre sortira fragilisé de ce premier test politique. Le climat de défiance est installé, et la majorité présidentielle redoute désormais une série de votes serrés dans les semaines à venir. Signe de fébrilité, plusieurs cadres de la macronie reconnaissent que l’exécutif devra « composer texte par texte » pour éviter l’enlisement. Si la censure échoue de peu, elle marquera le début d’une cohabitation parlementaire tendue, où le moindre faux pas pourrait précipiter une dissolution.