Les Boliviens se sont rendus aux urnes dimanche pour des élections générales marquées par une inflation galopante et une perte de vitesse du Mouvement vers le socialisme (MAS), parti au pouvoir depuis près de deux décennies. La gauche, fragilisée par la crise économique, pourrait céder du terrain face à une opposition conservatrice en plein essor.
Selon les sondages, plusieurs candidats de droite apparaissaient en tête des intentions de vote, capitalisant sur le mécontentement d’une population frappée par la flambée des prix. L’économie bolivienne, longtemps vantée pour sa stabilité sous les gouvernements du MAS, traverse aujourd’hui une période difficile qui alimente les critiques envers la gestion du parti.
Le scrutin se déroule également dans un contexte politique tendu. L’ancien président Evo Morales, figure emblématique de la gauche bolivienne, a été interdit de candidature. Il a appelé au boycott du vote, dénonçant une élection qu’il juge illégitime. Cette décision a divisé les électeurs traditionnels du MAS et affaibli davantage son socle électoral.
Dans les rues d’El Alto et de La Paz, de nombreux électeurs ont exprimé leur inquiétude face à la situation économique, plaçant l’inflation et la hausse du coût de la vie au cœur de leurs préoccupations. Pour beaucoup, la question n’est plus de savoir qui incarne la continuité du MAS, mais quel candidat peut offrir une solution crédible à la crise.
Le résultat de ces élections pourrait marquer un tournant historique pour la Bolivie, où la gauche a dominé la vie politique depuis 2006. Si les conservateurs confirment leur avance, ce scrutin ouvrirait une nouvelle phase, remettant en cause l’hégémonie du MAS et redéfinissant l’équilibre des forces dans le pays andin.