Équateur : Noboa entame un nouveau mandat en promettant fermeté contre la violence et relance économique
Équateur : Noboa entame un nouveau mandat en promettant fermeté contre la violence et relance économique

Le président équatorien Daniel Noboa a prêté serment samedi pour un mandat présidentiel complet, affirmant sa détermination à réduire les homicides, combattre les réseaux criminels et relancer une économie fragilisée. Âgé de 37 ans, l’héritier d’une dynastie politique et entrepreneuriale, Noboa a été investi à Quito devant l’Assemblée nationale, à l’issue d’une cérémonie marquée par la symbolique de la stabilité retrouvée.

Élu une première fois en 2023 pour achever le mandat écourté de son prédécesseur, Noboa a remporté les élections anticipées d’avril dernier avec une avance confortable, malgré des accusations de fraude lancées par son adversaire de gauche. Il entame désormais un cycle présidentiel complet, avec le soutien d’une majorité parlementaire favorable à son programme.

Dans son discours d’investiture, Noboa a placé la lutte contre la criminalité au cœur de son mandat. « La réduction progressive des homicides sera un objectif non négociable », a-t-il déclaré, en promettant la poursuite des opérations contre le narcotrafic, la saisie d’armes illégales et le renforcement du contrôle dans les ports, véritables plaques tournantes du trafic de drogue. Depuis son arrivée au pouvoir, il a militarisé les rues, allongé les peines liées aux délits de drogue et signé plusieurs accords internationaux de coopération sécuritaire.

Sur le plan économique, le chef de l’État a souligné la nécessité de redonner confiance aux investisseurs. Son gouvernement a conclu un accord de 4 milliards de dollars avec le FMI et entamé des négociations avec des banques chinoises afin de consolider ses finances publiques. « Nous créons un environnement sûr, stable et compétitif qui favorise la croissance, protège les investissements et garantit de réelles opportunités », a affirmé Noboa.

Mais les défis restent immenses. Malgré une baisse annoncée de 15 % des homicides en 2024, les violences ont explosé de 58 % au cours des quatre premiers mois de 2025, atteignant 3 094 morts violentes, selon les données officielles. Sur le plan économique, Noboa table sur une croissance de 4 % cette année, un chiffre que la Banque centrale révise à la baisse, à 2,8 %. Le pays fait également face à une dette publique élevée — à 51,8 % du PIB — et à une chute de la production pétrolière, l’un de ses piliers économiques.

L’Équateur mise également sur des alliances extérieures pour renforcer ses capacités. Le gouvernement a engagé Erik Prince, fondateur de la société militaire privée Blackwater, pour conseiller les forces de sécurité — une décision controversée, dénoncée par des ONG et une partie de l’opposition comme un pas dangereux vers la privatisation de la sécurité publique.

Malgré les critiques, Noboa conserve une marge de manœuvre politique importante. Son parti domine l’Assemblée nationale et contrôle la majorité des commissions législatives, lui permettant, en principe, d’avancer sans blocage sur son agenda sécuritaire et économique. Son mandat sera toutefois jugé sur sa capacité à enrayer l’insécurité galopante et à stabiliser une économie sous pression.

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