La tension est montée d’un cran au Cameroun après l’arrestation, vendredi soir à Douala, de deux figures majeures de l’opposition, Anicet Ekane et Djeukam Tchameni, membres de la plateforme politique Union for Change. Leur camp soutient Issa Tchiroma Bakary, candidat qui revendique la victoire face au président sortant Paul Biya lors du scrutin du 12 octobre.
Selon le parti MANIDEM, dont Ekane est l’un des dirigeants, plusieurs autres militants, dont le trésorier, auraient été « kidnappés » par les forces de sécurité dans une opération d’intimidation. Les autorités n’ont pas encore commenté ces arrestations, alors que la commission électorale doit publier les résultats définitifs lundi.
Une contestation qui gagne le pays
Depuis plusieurs jours, les partisans de l’opposition manifestent contre ce qu’ils dénoncent comme une fraude électorale orchestrée par le pouvoir. À Bafoussam, dans l’Ouest, des centaines de conducteurs de moto-taxis ont bloqué les routes pour exiger « des élections crédibles ». Des affrontements ont éclaté dans d’autres villes, entraînant plusieurs interpellations et la mort d’une femme de 30 ans à Garoua, dans le Nord.
Issa Tchiroma, ancien ministre devenu opposant, affirme disposer de preuves de sa victoire et a averti sur les réseaux sociaux qu’une éventuelle arrestation serait « une attaque contre le peuple camerounais ». En poste depuis 1982, Paul Biya fait face à l’une des contestations les plus sérieuses de son long règne, sur fond de tensions politiques et de méfiance croissante envers les institutions électorales.