Le grand favori de l’élection municipale new-yorkaise, Zohran Mamdani, conserve un détail singulier dans ses déclarations financières officielles : il se présente toujours comme « rappeur indépendant ». Une facette inattendue de la trajectoire de ce politicien d’origine ougandaise et indienne, qui pourrait bientôt diriger la plus grande ville des États-Unis.
Avant de se lancer en politique, Mamdani s’était forgé une identité artistique sous les pseudonymes de Young Cardamom et Mr. Cardamom, aux côtés de son ami d’enfance Hussein Abdul Bar. Le duo s’était produit en 2016 lors d’un festival en Ouganda, leur pays natal, à l’occasion de la sortie du film Queen of Katwe. Réalisé par sa mère, la cinéaste indienne primée Mira Nair, ce long-métrage de Disney racontait l’ascension d’une jeune Ougandaise issue d’un bidonville devenue prodige des échecs.
Mamdani avait contribué à la bande originale, notamment au clip de la chanson #1 Spice, dans lequel apparaissent Lupita Nyong’o et plusieurs jeunes acteurs du film. Bien que ses revenus musicaux soient aujourd’hui négligeables, cet épisode reste une part de sa biographie multiculturelle qu’il met en avant dans une ville aussi diverse que New York.
Élu à l’Assemblée de l’État de New York en 2020 pour représenter un district du Queens, Mamdani a temporairement mis sa carrière musicale entre parenthèses. Mais il a su capitaliser sur cette image atypique pour séduire un électorat jeune et cosmopolite. Sa campagne a même diffusé une vidéo avec la participation du rappeur RZA, figure emblématique du Wu-Tang Clan.
Alors que l’élection approche, l’histoire de ce rappeur devenu homme politique illustre le mélange singulier de cultures et de parcours qui fait l’ADN de New York — une ville où Mamdani espère désormais passer de « Mr. Cardamom » à « Mr. Mayor ».