À moins d’un an des municipales, le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, lance ce lundi une tournée de réunions publiques censées présenter son bilan. Officiellement, il s’agirait d’un exercice de transparence démocratique. Officieusement, ses opposants y voient une opération de communication financée par les contribuables pour préparer sa campagne de 2026. Le coût de l’opération, estimé à plus de 228 000 euros selon la mairie (voire 700 000 euros selon Renaissance), alimente la polémique.
Chantiers, zones à 30 km/h et colère populaire
Lancée dans les neuf arrondissements de la ville, cette tournée est accompagnée de tracts « luxueux » et d’un questionnaire en ligne piloté par la plateforme municipale Oyé. Alors que la période légale de campagne n’est pas encore ouverte, les critiques se multiplient. Pour Thomas Rudigoz, député et chef de file de Renaissance à Lyon, il s’agit clairement d’une manœuvre électorale déguisée, qui bafoue les règles élémentaires de l’équité démocratique.
Dans une ville saturée de chantiers, de zones à trafic limité et de pistes cyclables prioritaires, le mécontentement gronde. Commerçants, automobilistes, riverains… ils sont de plus en plus nombreux à dénoncer une ville devenue invivable. La multiplication des mesures idéologiques, comme les 30 km/h généralisés ou la piétonnisation excessive, fait écho aux politiques impopulaires observées dans d’autres municipalités écologistes comme Grenoble ou Paris. L’hostilité envers les automobilistes, l’insécurité persistante et la fragilité du commerce local viennent noircir encore un peu plus le bilan.
Grégory Doucet tente pourtant de justifier ses choix en mettant en avant une baisse de la pollution, la création d’espaces verts ou une prétendue réduction des accidents. Mais ses affirmations peinent à convaincre face à la colère montante sur le terrain. Et l’affaire des 24 agents municipaux soupçonnés d’avoir été employés à des fins politiques, pour laquelle le maire a été placé en garde à vue fin avril, jette une ombre supplémentaire sur sa légitimité.
Pour ne rien arranger, la candidature possible de Jean-Michel Aulas, soutenu par une large partie de la droite lyonnaise et de la macronie, pourrait rebattre les cartes. D’après les derniers sondages, l’ex-patron de l’OL talonnerait Doucet, voire le dépasserait dans certaines configurations. Ce qui laisse entrevoir une campagne bien plus périlleuse que prévue pour les Verts lyonnais.