La tension est montée d’un cran en Serbie mercredi soir, alors que la police a arrêté 79 manifestants dans plusieurs villes du pays, au cours d’une répression ciblée contre les rassemblements étudiants et les opposants réclamant des élections anticipées. Ces protestations visent directement le président Aleksandar Vucic et son Parti progressiste serbe, au pouvoir depuis plus de douze ans.
Des affrontements ont éclaté dans la capitale Belgrade, ainsi qu’à Novi Sad, Nis et Novi Pazar, selon un communiqué publié jeudi par le ministère serbe de l’Intérieur. Depuis dimanche, les manifestants bloquent des carrefours et des axes routiers stratégiques, en réponse à l’arrestation de plusieurs militants après une importante manifestation d’opposition organisée samedi.
Mercredi soir, la police a évacué de force des étudiants installés devant l’entrée de la faculté de droit de Belgrade, procédant à des dizaines d’arrestations temporaires, rapporte la chaîne N1. Le professeur de médecine Oliver Stojkovic a déclaré que quatre étudiants avaient été blessés lors de l’intervention et transportés à l’hôpital.
« Il s’agit d’une violation flagrante des droits humains et de la liberté académique », a dénoncé Bozo Prelevic, ancien ministre de l’Intérieur, interrogé par Reuters. La répression policière dans un espace universitaire a choqué une partie de l’opinion publique et de la classe intellectuelle serbe.
Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a réagi via le réseau X (ex-Twitter), déclarant suivre de près les événements « à la lumière des signalements de violences, de harcèlement et de détentions arbitraires de manifestants ». L’organisme a appelé les autorités serbes à faire preuve de retenue et à respecter les droits fondamentaux.
Ces manifestations, déclenchées initialement par des accusations de fraude électorale et de dérive autoritaire, s’inscrivent dans un climat politique tendu. Bien que le mandat présidentiel d’Aleksandar Vucic court jusqu’en 2027, l’opposition, galvanisée par les jeunes et les milieux étudiants, réclame désormais un renouvellement anticipé du Parlement et de l’exécutif.