Le Parlement albanais a confirmé jeudi le Premier ministre Edi Rama pour un quatrième mandat de quatre ans, après la victoire de son Parti socialiste aux élections de mai. Seul candidat en lice, Rama a obtenu 82 voix sur les 140 que compte l’assemblée.
Devant les députés, il a affirmé que son objectif central serait de faire entrer l’Albanie dans l’Union européenne d’ici 2030. « L’Albanie européenne est la boussole qui guidera chaque aspect de notre programme et le métronome de chaque réforme », a-t-il déclaré.
Ce projet se heurte toutefois à l’image ternie du pays par les scandales de corruption et son rôle présumé de plaque tournante pour les trafics de drogues et d’armes, selon plusieurs analystes. Ces facteurs compliquent les ambitions européennes de Tirana.
Dans un geste surprenant, Rama a récemment nommé un outil d’intelligence artificielle, baptisé Diella (« Soleil »), pour gérer et attribuer les appels d’offres publics, afin de renforcer la transparence. « Je ne suis pas là pour remplacer les gens, mais pour les aider », a affirmé l’IA dans une allocution vidéo avant le vote du gouvernement.
L’opposition a dénoncé une nomination « inconstitutionnelle », rappelant que l’outil n’est pas un être humain, ne possède pas de nationalité albanaise et pourrait même, selon elle, accentuer les risques de corruption. Elle a également reproché à Rama d’avoir imposé son gouvernement sans véritable débat parlementaire.