Le président ivoirien Alassane Ouattara a officiellement annoncé mardi sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre, ouvrant la voie à un quatrième mandat consécutif à la tête du premier producteur mondial de cacao. Âgé de 83 ans, l’ancien banquier international justifie sa décision par la nécessité de poursuivre la stabilité politique et la croissance économique, dans un contexte où la plupart de ses principaux rivaux sont écartés de la course.
Cette nouvelle candidature met un terme à l’espoir d’un passage de relais à une nouvelle génération de dirigeants, une promesse pourtant formulée à plusieurs reprises par le chef de l’État depuis son arrivée au pouvoir en 2011, à la suite d’une violente crise post-électorale. Malgré les critiques, Ouattara affirme que son état de santé est bon et que rien ne l’empêche de continuer à exercer les fonctions présidentielles.
Formé aux États-Unis, économiste de carrière, Ouattara a occupé des fonctions prestigieuses à la tête de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et comme directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI). Il s’est toujours présenté comme un technocrate compétent, dont la priorité est le développement et la modernisation de l’économie ivoirienne. Sous ses mandats, la Côte d’Ivoire a en effet connu une croissance soutenue, bien que les bénéfices de cette croissance restent inégalement répartis.
Sa candidature intervient dans un contexte politique marqué par la fragilité des institutions démocratiques. Plusieurs figures de l’opposition, dont certaines historiques, ont été déclarées inéligibles pour divers motifs juridiques, laissant peu d’alternatives crédibles face au président sortant. Cette configuration électorale renforce les chances d’Ouattara de l’emporter dès le premier tour, selon les analystes politiques à Abidjan.
Malgré un climat de paix relatif depuis la fin de la guerre civile, les tensions demeurent palpables à l’approche du scrutin, en particulier chez les jeunes et dans certains bastions de l’opposition, qui dénoncent une dérive autoritaire du régime. Pour autant, le parti au pouvoir, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), affiche son unité et sa mobilisation derrière le président sortant.
Avec cette annonce, Ouattara confirme son intention de prolonger un règne déjà long de plus de quatorze ans. Reste à savoir si les électeurs ivoiriens suivront à nouveau cet homme d’État expérimenté, ou s’ils exprimeront dans les urnes un désir de renouveau politique resté, jusqu’ici, sans véritable débouché.