Le gouvernement ougandais a annoncé lundi l’interdiction de la diffusion en direct des émeutes, des « processions illégales » et de tout autre incident violent, à l’approche de l’élection présidentielle prévue le 15 janvier. Cette décision intervient alors que le président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis près de 40 ans, brigue un nouveau mandat.
Dans un communiqué, le ministère de l’Information, de la Communication et des Technologies a justifié cette mesure en affirmant que la retransmission en direct de tels événements risquait « d’exacerber les tensions et de semer la panique ». Les autorités ont également annoncé l’interdiction de diffuser des contenus qualifiés d’« incitant à la haine, haineux ou violents ».
Le scrutin opposera une nouvelle fois Yoweri Museveni, âgé de 81 ans, à Robert Kyagulanyi, plus connu sous le nom de Bobi Wine, chanteur devenu figure de l’opposition, âgé de 43 ans. À l’approche du vote, des centaines de partisans de l’opposition ont déjà été arrêtés par les forces de sécurité, selon les autorités.
Le gouvernement ougandais qualifie fréquemment les manifestations antigouvernementales d’émeutes, une terminologie dénoncée par l’opposition et par des organisations de défense des droits humains, qui y voient une manière de justifier des restrictions sévères aux libertés publiques.
Les tensions politiques restent vives dans le pays depuis les précédentes élections générales. Avant le scrutin de 2021, plus de 50 personnes avaient été tuées lors de répressions menées par les forces de sécurité contre des partisans de Bobi Wine, qui accusaient alors le président Museveni d’avoir fraudé l’élection, ce que ce dernier avait fermement nié.
Cette nouvelle interdiction suscite des inquiétudes quant à la liberté d’informer et à la transparence du processus électoral. À quelques jours du vote, l’opposition et les observateurs internationaux surveillent de près l’évolution de la situation sécuritaire et le respect des droits civiques dans ce pays d’Afrique de l’Est.