À quelques jours des élections législatives prévues le 11 novembre, la population irakienne semble plus désabusée que jamais face à un système politique perçu comme figé et corrompu.
Dans les rues de Mossoul, de Bagdad ou de Bassorah, les affiches des candidats recouvrent les murs, mais l’enthousiasme populaire est quasi absent. Beaucoup d’Irakiens estiment que le scrutin ne changera rien à leur quotidien marqué par la pauvreté, les pénuries d’électricité et le chômage massif des jeunes.
Les analystes s’attendent à ce que les alliances politiques traditionnelles souvent fondées sur des clivages confessionnels et ethniques conservent leur influence, perpétuant un système qui favorise les compromis entre élites plutôt que les réformes structurelles.
« Les mêmes visages reviennent, promettent les mêmes choses, puis disparaissent après les élections », déplore un habitant de Bagdad interrogé par Reuters. Pour beaucoup, le vote apparaît davantage comme une formalité que comme un véritable instrument de changement.
Malgré cette lassitude, certaines voix de la société civile tentent d’encourager la participation électorale, rappelant que seule une mobilisation citoyenne massive pourrait briser le cycle de désillusion et forcer les dirigeants à rendre des comptes.