Lors d’un discours prononcé jeudi à la Conférence d’action politique conservatrice (CPAC) organisée à Budapest, le Premier ministre hongrois Viktor Orban a publiquement soutenu Karol Nawrocki, candidat nationaliste à l’élection présidentielle polonaise. À quelques jours du second tour du scrutin, prévu ce dimanche, Orban a salué son allié idéologique en lançant : « Longue vie à Nawrocki ! », affirmant ainsi l’alignement croissant entre les droites populistes d’Europe centrale.
La conférence CPAC, vitrine majeure du conservatisme américain exportée en Hongrie, a également été marquée par un message vidéo de Donald Trump. L’ancien président américain, réélu en janvier, a qualifié Orban de « grand homme », renforçant la stature internationale du dirigeant hongrois parmi les figures de la droite dure mondiale. Orban, fervent soutien de Trump, a profité de l’occasion pour présenter ce qu’il a appelé un « plan patriotique » destiné à refonder l’Union européenne selon des principes nationalistes et conservateurs.
Dans son discours, Orban a réaffirmé son opposition à l’élargissement de l’UE à l’Ukraine, rejeté l’idée d’une fiscalité ou d’un endettement commun européen, et insisté sur la nécessité de « protéger la souveraineté nationale ». Il a appelé à « reprendre l’Europe aux migrants », plaidé pour une « culture chrétienne » et des écoles basées sur des « principes nationaux ». Des déclarations qui s’inscrivent dans une stratégie de plus en plus offensive à l’approche des élections hongroises de début 2026, qu’il s’apprête à affronter dans un climat de contestation croissante.
La montée en puissance de Nawrocki intervient dans un contexte politique tendu en Pologne, où le maire centriste de Varsovie, Rafal Trzaskowski, représentant la Coalition civique (KO) au pouvoir, domine légèrement les sondages. Mais le soutien appuyé d’Orban pourrait galvaniser l’électorat conservateur polonais, dans une région où les dynamiques populistes gagnent en influence.
La CPAC de Budapest a également accueilli l’ancien Premier ministre tchèque Andrej Babis, également soutenu par Orban à l’approche des élections parlementaires d’octobre. Le Premier ministre slovaque Robert Fico, autre allié du dirigeant hongrois, devait prendre la parole plus tard dans la journée, confirmant la formation d’un bloc politique informel d’Europe centrale prônant souverainisme, conservatisme et rejet de l’intégration européenne accrue.