Un juge de l’État du Nouveau-Mexique a ordonné mardi l’élaboration d’un plan de redressement visant à remédier aux insuffisances persistantes du système éducatif public pour les élèves amérindiens et issus de milieux défavorisés. Cette décision s’appuie sur un jugement historique rendu en 2018, qui avait déjà pointé les carences systémiques de l’État à respecter ses obligations constitutionnelles envers les élèves les plus vulnérables.
Le juge Matthew Wilson, du tribunal de district de l’État, a estimé que les autorités n’avaient pas encore mis en place les réformes nécessaires pour garantir une éducation publique adéquate, en particulier pour les élèves autochtones, hispaniques, en situation de handicap ou apprenant l’anglais comme seconde langue. Il a exigé un plan « complet » pour corriger ces violations continues des droits constitutionnels de ces élèves. « Un plan imposé par la justice apporterait une feuille de route au pouvoir législatif et à l’exécutif, surtout dans un contexte de décisions budgétaires complexes sujettes aux aléas politiques et économiques », a-t-il déclaré.
Le Nouveau-Mexique figure régulièrement parmi les derniers au classement national des performances éducatives, avec des résultats scolaires et des taux de diplomation particulièrement faibles, bien avant même la pandémie de COVID-19. Malgré des recettes publiques abondantes liées à l’exploitation du pétrole et du gaz, les résultats attendus tardent à se concrétiser, malgré une augmentation de 62 % du budget de l’éducation K-12 depuis 2016, atteignant 4,2 milliards de dollars en 2024.
L’affaire judiciaire connue sous le nom de Yazzie-Martinez, initiée il y a plus de dix ans, a été portée au nom d’élèves et de districts scolaires principalement issus de communautés amérindiennes et hispaniques. Elle a mis en lumière des défaillances profondes dans l’accès équitable à une éducation de qualité à travers l’État.
La porte-parole du Département de l’Éducation Publique, Janelle Garcia, a salué la décision, affirmant que son agence se réjouissait de « mener l’élaboration d’un plan qui garantira à tous les élèves du Nouveau-Mexique une éducation d’excellence » et qui permettra, à terme, de clore ce litige long de plusieurs années. Le juge a toutefois écarté la proposition de confier le pilotage du plan à une agence législative dédiée à l’éducation et à la reddition de comptes, préférant confier la mission au Département de l’Éducation Publique, en partenariat avec les plaignants et un expert externe.
Le procureur général Raúl Torrez avait, en 2023, exprimé son soutien aux plaignants dans leurs efforts pour contraindre l’État à respecter ses engagements constitutionnels. Le plan de redressement pourrait s’étendre sur cinq années et constituer, à terme, une résolution complète du litige.
Dans un geste qui a suscité l’incompréhension, la gouverneure Michelle Lujan Grisham a récemment opposé son veto à une loi visant à étendre les écoles spécialisées dans la langue et la culture autochtones, sans fournir d’explication. Ce refus pourrait complexifier davantage les efforts pour répondre aux besoins spécifiques des communautés autochtones dans l’enseignement public.