À moins d’un mois des premières épreuves du baccalauréat, les enseignants tirent la sonnette d’alarme. Dans les lycées, la triche à l’intelligence artificielle n’est plus un cas isolé. De plus en plus d’élèves utilisent des outils comme ChatGPT pour rédiger leurs devoirs — y compris pendant les bacs blancs.
Copie suspecte, montre connectée et double téléphone
« Trop bien écrit pour être vrai », « un vocabulaire hors de portée », « des notions jamais vues en classe » : c’est ce qui a alerté Charles, professeur d’histoire-géographie en région parisienne. Lors des bacs blancs de décembre, près d’un quart des copies lui ont semblé artificielles. À la même période, sa collègue Sophie, professeure de SVT dans le Sud, confond une élève de seconde prise la main dans le sac avec une montre connectée. Face à cette triche nouvelle génération, les enseignants tentent d’adapter leur surveillance. Dans certains lycées, les smartphones sont désormais déposés dans des boîtes verrouillées. D’autres imposent de laisser les montres au bureau du professeur. Résultat : lors des dernières sessions d’examens blancs, le phénomène a semblé reculer. Mais personne n’est dupe.
Une course contre la machine
« On a surpris les élèves cette fois. Mais jusqu’à quand ? » s’inquiète Charles. Car l’IA progresse vite. Et la capacité à maquiller une copie générée par un robot devient de plus en plus difficile à déceler. Des professeurs utilisent déjà des outils de détection comme ZeroGPT pour tenter de distinguer l’humain de l’artificiel. Le ministère de l’Éducation, lui, s’en tient aux consignes classiques : interdiction des appareils connectés et surveillance renforcée. Mais pour beaucoup d’enseignants, cela ne suffira pas. Ce qui se joue aujourd’hui, ce n’est pas seulement la régularité d’un examen, mais la confiance dans l’évaluation scolaire elle-même.