Près de 200 lycéens se sont rassemblés mercredi devant la sous-préfecture de Bayonne pour réclamer le droit de passer l’ensemble des épreuves du baccalauréat en langue basque. Cette mobilisation intervient quelques jours après l’annonce du ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, qui a ouvert la possibilité, à partir de la session 2028, de composer une épreuve de spécialité dans une langue régionale pour les élèves concernés.
Si cette avancée est saluée comme un premier pas par les défenseurs de l’enseignement immersif, elle est jugée insuffisante par les élèves des filières bascophones. Ces derniers estiment qu’il est incohérent d’étudier l’ensemble des matières dans leur langue tout au long de leur scolarité avant de devoir passer une partie des examens en français. Ils soulignent notamment les difficultés liées aux terminologies scientifiques et techniques lorsqu’il faut changer de langue au moment de l’évaluation.
Une revendication portée par l’enseignement immersif
Pour symboliser leur mécontentement, les manifestants ont déposé devant la sous-préfecture des verres à moitié remplis d’eau, illustrant selon eux une réforme encore incomplète. Plusieurs élèves ont également annoncé leur intention de rédiger en basque l’épreuve anticipée de mathématiques prévue le 12 juin, malgré les incertitudes qui subsistent concernant les modalités de correction de ces copies.
La question fait actuellement l’objet d’un bras de fer entre les représentants de l’enseignement basque et le ministère. Alors que certaines associations affirment avoir obtenu l’autorisation de composer en basque dès cette année, le ministère rappelle que l’épreuve anticipée de mathématiques n’entre pas dans le dispositif annoncé pour 2028.
Plus de 4 400 élèves concernés
Le Pays basque compte aujourd’hui plus de 4 400 élèves inscrits dans des cursus immersifs au sein de 33 écoles primaires, cinq collèges et un lycée. Ces filières représentent environ 9 % des élèves du territoire, de la maternelle à la terminale. Plus largement, près d’un tiers des élèves du Pays basque suivent un enseignement en langue basque dans des parcours bilingues ou immersifs, qu’ils soient scolarisés dans le public ou dans le privé.
Les défenseurs de ces filières estiment que la possibilité de passer l’intégralité du baccalauréat en basque constituerait une reconnaissance logique du parcours suivi par ces élèves et une étape supplémentaire dans la valorisation des langues régionales au sein du système éducatif français.
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