First class graduates from American University of Baghdad, once Saddam's palace
First class graduates from American University of Baghdad, once Saddam's palace

L’Université américaine de Bagdad (AUB) a célébré samedi la remise de diplômes de sa toute première promotion d’étudiants, dans un cadre aussi chargé d’histoire que symbolique : l’ancien palais al-Faw, construit par Saddam Hussein dans les années 1990, devenu aujourd’hui un campus universitaire prônant ouverture académique et modernité.

Au total, 38 étudiants — 20 hommes et 18 femmes — ont reçu leur diplôme dans les disciplines de l’administration des affaires, des sciences et des sciences humaines. La cérémonie s’est tenue en présence de personnalités politiques, de familles et du corps professoral, marquant un moment fondateur pour cette institution inaugurée en 2021 sur les ruines d’un site militaire emblématique.

Le président de l’université, le Dr Michael Mulnix, est revenu sur les débuts difficiles de l’établissement. « Quand je suis arrivé en 2018, le campus était méconnaissable. Des années de guerre et de négligence avaient laissé les bâtiments en ruine », a-t-il déclaré. « Aujourd’hui, nous sommes une institution académique à but non lucratif parmi les meilleures universités de recherche. »

L’université a été fondée grâce aux investissements de l’homme d’affaires irakien Saadi Saihood, et a depuis noué des partenariats avec plusieurs établissements de renom tels que Vanderbilt University, Colorado School of Mines, Temple University, l’Université d’Exeter et la Sapienza de Rome. Ce réseau international fait partie intégrante de la stratégie de l’AUB pour hisser l’enseignement supérieur irakien à des standards mondiaux.

Pour Saihood, cette remise de diplômes est « un moment symbolique qui confirme que cette institution a été construite pour durer et pour avoir un impact réel ». Il a reconnu les difficultés économiques persistantes en Irak, notamment la rareté des emplois publics, mais a souligné que l’université prépare ses étudiants à réussir dans le secteur privé ou par l’entrepreneuriat.

Malgré une amélioration de la sécurité ces dernières années, l’Irak est toujours confronté à une importante fuite des cerveaux, de nombreux jeunes cherchant à s’installer à l’étranger pour y trouver des opportunités et une meilleure stabilité. Mohammed Baqir, diplômé en administration des affaires originaire de la province de Nadjaf, a confié : « L’avenir en Irak n’est pas facile. Nous avons tous des inquiétudes. Mais ce qui nous distingue, c’est que grâce à l’AUB, nous avons déjà reçu des offres d’emploi, surtout dans le privé. Mon éducation m’a coûté environ dix millions de dinars irakiens, mais c’était un investissement précieux. »

Avec cette première promotion, l’Université américaine de Bagdad s’impose comme un acteur clé du renouveau de l’enseignement supérieur irakien, portant l’ambition d’une jeunesse mieux préparée à relever les défis de demain.

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